Attaque mortelle au domicile d’Alseiny Savané : Mamoudou Cissé affirme « ne pas connaître la mission »

il y a 3 heures 20
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L’affaire remonte au 4 novembre 2023, lorsqu’un groupe de personnes a fait irruption au domicile d’Alseiny Savané, situé à Koïda, une localité relevant de la préfecture de Siguiri.

Mohamed Keita, Aziz et Mamoudou Cissé auraient mis tout le monde au respect avant de dévaliser la maison.

« Nous avons pris 4 machines (outils détecteur de l’or) et le sac d’argent » a déclaré Mamoudou Cissé devant le tribunal criminel de Kaloum, devant lequel il a comparu ce vendredi 30 janvier 2026.

Lors de cette opération, Alpha Bah a trouvé la mort à la suite d’une balle qu’il a reçue. Qui a tiré sur lui ? « Pour moi, c’est Aziz » a affirmé l’accusé en répondant à une question du procureur.

Dans sa narration du film de l’attaque, Mamoudou Cissé a souligné, au passage, qu’avant de prendre d’assaut le domicile d’Alseiny Savané, ils ont mené une opération dans un magasin supposé appartenir à ce même commerçant. Là également,

« Aziz m’a pointé l’arme et m’a dit de rentrer dans le magasin. J’ai attaché l’homme en bandant ses yeux avant de le fouiller et d’emporter la machine (outil détecteur de l’or) » a-t-il avoué.

Parlant des raisons qui l’ont motivé à participer à ces attaques, l’accusé laisse entendre que c’est sous contrainte qu’il a agi, sans savoir que la mission était destinée à cela.

« Je me suis retrouvé sur les lieux de l’attaque sans savoir que c’était la mission » dit Mamoudou Cissé.

En plus de ce dernier, sept (7) autres personnes, à savoir : Mohamed Keita, Magandjan Keita, Issa Condé, Abdoul Aziz Touré (en fuite), Abou (en fuite), Abdoulaye Sidibé et Laye Mady Kourouma, sont poursuivies devant le tribunal de Kaloum pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol à main armée, d’assassinat, de recel et de complicité.

Si Mamoudou Cissé reconnaît sans ambages avoir agi en concert avec les quatre premiers, il a cependant affirmé qu’il ne connaissait pas les deux derniers.

Toujours est-il que les machines volées se sont retrouvées entre les mains d’Abdoulaye Sidibé et de Laye Mady Kourouma par le biais d’une vente. Interrogés par le tribunal, ils ont tous reconnu avoir acheté, l’un après l’autre, les machines détectrices d’or sans savoir qu’elles étaient d’origine illicite. À l’origine de cet achat, un certain Mohamed Kourouma, qui serait actuellement en prison à Kankan pour abus de confiance, selon le procureur.

« Mohamed Kourouma m’a appelé pour me dire qu’il a un problème, il est en prison. Il y a des gens sur le terrain qui ont des machines à vendre pour le faire sortir de la prison et reprendre ses activités. J’ai acheté ses (5) machines à 47 millions de bonne foi. Et j’ai revendu une (1) machine à 25 millions à Laye Mady Kourouma, (soit le second receleur). A date, je les ai restituées en acceptant de perdre et mon argent et les machines…C’est au tribunal ici que j’ai appris que ces machines-là sont volées. Si je savais, je n’allais même pas m’approcher de la machine à plus forte raison acheter » a déclaré Abdoulaye Sidibé.

Interrogé sur ses relations avec Mamady Kourouma, avec qui il a acheté les machines, l’accusé a indiqué au tribunal que ce dernier était le frère de son feu tuteur, qui résidait à Kankan, et qu’il l’a connu à travers celui-ci.

Quant au second receleur, Laye Mady Kourouma, il abonde dans le même sens que son prédécesseur. L’accusé explique qu’il a fait la connaissance d’Abdoulaye Cissé il y a trois ans et demi.

« Je l’ai connu en tant que revendeur de machines et de pièces détachées » a-t-il soutenu. Y a-t-il des factures ? interroge le procureur Issoufou Fofana. « Non, il n’y a pas ça entre nous ». Vous avez acheté la machine comme ça pour qu’il n’y ait pas de traces ? enchaîne le magistrat. « Cela dépend de l’acheteur, qui peut demander une facture ou non » répond à nouveau l’accusé.

S’agissant de l’assassinat d’Alpha Bah, tous deux affirment l’avoir appris lors de leur interpellation.

« Je rappelle, madame la présidente, que dans cette affaire, il y a mort d’homme » rappelle l’empereur des poursuites, qui a tenu à voir clair sur les circonstances de l’assassinat d’Alpha Bah. Abdoulaye Sidibé, Laye Mady Kourouma et Mamoudou Cissé ont été soumis à un feu roulant de questions par le tribunal, le ministère public et les avocats des parties au procès.

Il aura fallu que l’avocat de la partie civile prenne la parole pour poser des questions destinées à l’accusé Abdoulaye Cissé pour que la tension monte entre Maître Kobelé et Abdoulaye Cissé, qu’il accuse de banaliser la mort d’Alpha Bah.

La juge Assaou Sakho temporise et renvoie l’affaire au 20 février 2026 pour la suite des débats.

Lébêré Baldé

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