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À Conakry, de nombreuses femmes tirent leur subsistance du maraîchage urbain. À Lansanayah Barrage, dans le Grand Conakry, elles exploitent les rares espaces disponibles pour cultiver des feuilles de patate, du piment, de l’aubergine, du manioc et d’autres condiments essentiels à l’alimentation des ménages. Mais derrière cette activité vitale se cache une réalité marquée par la précarité, la pénibilité et l’absence de soutien. Une équipe de Guineematin.com s’est rendue sur place pour recueillir leurs témoignages.
Sous le soleil, sur de vastes parcelles, ces femmes travaillent à la force des bras. Aucun moyen logistique, aucun équipement moderne : tout se fait à la main. Une situation éprouvante que Fatoumata Bangoura, maraîchère depuis trois ans, décrit avec émotion.
Fatoumata Bangoura, maraîchère« Nous souffrons énormément. Si on n’a pas d’argent pour payer des ouvriers, on est obligé de tout faire nous-mêmes. On n’a pas les moyens. Les semences sont difficiles à avoir, et parfois même ce qu’on cultive est volé. Le peu qui reste, on le vend pour survivre. Je n’ai ni père ni mère, je n’ai que ce travail, et je souffre beaucoup », confie-t-elle.
Concernant la cherté des feuilles de patate sur les marchés, souvent vendues entre 4 000 et 5 000 francs guinéens, Fatoumata Bangoura se défend :
« Ici, on attache l’unité à 1 000 GNF. Ce sont les revendeuses qui augmentent les prix. Normalement, si tu achètes à 1 000, tu dois revendre à 1 500, voire 4 000 GNF au maximum. »
Au-delà des prix, l’accès à l’eau constitue l’un des principaux obstacles..« On n’a pas de point d’eau ici. On passe beaucoup de temps à puiser. Le soir, on rentre complètement épuisées, mais on n’a pas le choix, il faut nourrir les enfants », lance-t-elle, appelant l’État à leur venir en aide.
Mamata Mara, maraîchère depuis plus de 20 ans à Lansanayah Barrage, partage les mêmes difficultés.
Mamata Mara, maraîchère« C’est notre activité principale, en saison sèche comme en hivernage. On paie les engrais, on achète les semences, personne ne nous aide. Mais on continue, parce que c’est avec ça qu’on vit », explique-t-elle.
Pour améliorer le rendement, notamment des feuilles de patate, elle investit dans des intrants coûteux. « On utilise des engrais chimiques et de la fiente. Le sac de fiente coûte 50 000 GNF, sans compter les frais de transport. »
De son côté, Oumou Hawa Bah, maraîchère depuis une dizaine d’années, affirme que cette activité fait vivre toute sa famille.
Oumou Hawa Bah, maraîchère« Nos maris ne travaillent pas, les enfants sont petits. C’est ici que nous trouvons de quoi manger », dit-elle.
Elle cultive une grande diversité de produits : feuilles de patate, feuilles d’oignon, épinards, aubergines. Mais la cherté des intrants reste un frein majeur.
« L’engrais chimique coûte jusqu’à 500 000 GNF. Les produits phytosanitaires varient entre 90 000 et 100 000 GNF. Pourtant, ce sont des aliments destinés à toute la population, ils doivent être propres », souligne-t-elle.
Comme ses consœurs, Oumou Hawa Bah interpelle les autorités guinéennes pour un accompagnement concret, notamment à travers la fourniture d’équipements de travail, d’engrais et l’amélioration de l’accès à l’eau.
À Lansanayah Barrage, ces femmes maraîchères continuent de se battre chaque jour pour nourrir leurs familles et contribuer à l’alimentation de la capitale, dans l’espoir qu’un soutien institutionnel vienne enfin alléger leur lourd fardeau.
Yayé Oumou Barry et Thierno Hamidou Barry pour Guineematin.com
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