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La Guinée se retrouve face à un dossier diplomatique sensible hérité de l’ancien régime. Huit ans après la signature d’un accord migratoire entre Conakry et Berlin, la question des rapatriements de Guinéens en situation irrégulière en Allemagne revient au premier plan et provoque des tensions.
Signé en 2018, le protocole de coopération entre la République de Guinée et la République fédérale d’Allemagne encadre la migration légale et illégale, y compris les procédures de retour.
À l’arrivée du CNRD au pouvoir, les nouvelles autorités avaient suspendu son application pour en réexaminer les contours. Cette suspension aura duré quatre ans. Mais récemment, l’Allemagne a relancé l’exécution de l’accord. Une décision qui a entraîné une réaction immédiate de Conakry.
Ce lundi 23 fevrier 2026, le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a convoqué un responsable de l’ambassade d’Allemagne afin d’exiger des clarifications et de demander la suspension de l’opération de rapatriement en cours.
Au micro de nos confrères de la RTG, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à rappeler le cadre juridique du texte. « C’est un protocole d’accord entre la République de Guinée et le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne relatif à la coopération en matière de migration légale et illégale. »
Il a ensuite justifié la position adoptée par les autorités actuelles. « Ce que le Président Mamadi Doumbouya a fait, en veillant aux responsabilités, c’est de ne pas appliquer son intégralement. Pourquoi ? Parce que nous avons dit qu’il fallait respecter la dignité de nos compatriotes. Nous respectons chaque pays, nous respectons la dignité de tous les pays et nous voulons aussi que nos compatriotes bénéficient du respect de leur dignité. C’est pourquoi pendant ces quatre années, malgré toute la pression du gouvernement allemand et de l’Union européenne, nous avons résisté à appliquer cet accord qui est signé », a-t-il expliqué.

Tout en reconnaissant le principe de continuité de l’État, Morissanda Kouyaté a exprimé ses réserves. « Parce que c’est signé par un gouvernement qui était avant nous. C’est la continuité. Mais si nous, nous étions là, nous n’aurions pas signé. Oui nous endossons les conséquences. »
Le ministre insiste surtout sur la question des conditions de retour des migrants en situation irrégulière. « Nous tenons à ce que la dignité des guinéens soit respectée. Aujourd’hui, nous avons une réaction de nos compatriotes qui viennent et qui nous donnent des informations selon lesquelles ils sont très malades. Nous tenons à la partie positive de notre coopération. Et ensemble, nous devons nous battre pour que la partie toxique de notre coopération soit totalement élevée, pour que cette coopération continue avec nous. C’est dans ce cadre-là que je vous ai invités à venir. Et comme ça, nous allons travailler ensemble, faire cette enquête et étirer la leçon. »
Pour faire toute la lumière sur le dossier, une commission d’enquête conjointe sera mise en place. Composée de représentants guinéens et allemands, elle devra examiner les conditions de rapatriement ainsi que l’ensemble du processus.
De son côté, la partie allemande assure agir dans le respect du droit. « Parce qu’il y a des cas spéciaux et des cas ambitieux qui sont lancés par l’ambassade de Berlin. Parce qu’en Allemagne, on a le système de justice. En tout cas, nous allons respecter la loi », a déclaré l’ambassadeur de l’Allemagne à Conakry
En attendant les conclusions de la commission, le processus de rapatriement devrait être suspendu. Pour Conakry, l’enjeu est clair : maintenir la coopération avec Berlin, mais sans compromis sur la dignité des citoyens guinéens.
MD Diallo pour actuguinee
L’article Accord migratoire avec l’Allemagne : la Guinée exige la suspension des rapatriements est apparu en premier sur Actuguinee.org.
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