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Poursuivi pour stellionat, faux et usage de faux en écriture, le procès du directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, Abdoulaye Diakité, s’est poursuivi hier, mardi 3 mars 2026, au tribunal de première instance de Kankan. Dès l’ouverture de l’audience, la parole a été donnée aux parties pour les plaidoiries et les réquisitions. Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan a demandé 5 ans d’emprisonnement assortie de sursis à l’encontre du prévenu. Une demande que la défense a aussitôt qualifiée d’acharnement, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan.
L’audience de ce mardi au Tribunal de première instance de Kankan a été marquée par les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense dans une affaire qui suscite de vives réactions au sein de l’opinion locale.
Prenant la parole après les débats contradictoires, le procureur de la République près le TPI de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a justifié la sévérité de ses réquisitions par la gravité des faits reprochés au prévenu. Il a notamment évoqué un concours d’infractions portant sur des faits de stellionat, de faux et d’usage de faux.
Fodé Bintou Keïta, procureur de la République près le TPI de Kankan« Après avoir écouté toutes les parties, la parole a été donnée au ministère public pour ses réquisitions, mais également à la défense, notamment à ses deux avocats qui ont expliqué leurs positions dans ce dossier. Dans nos réquisitions, nous avons demandé la condamnation du directeur préfectoral de l’Habitat à cinq ans d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement d’une amende de 15 millions de francs guinéens, comme le prévoit la loi. Il y a, en la matière, un concours d’infractions : des faits de stellionat, mais également de faux et usage de faux », a déclaré le procureur.
Le représentant du ministère public s’est également prononcé sur le cas du chef de quartier impliqué dans le dossier. Selon lui, bien que ce dernier ait invoqué son ignorance en affirmant à la barre qu’il ne faisait que signer des documents sans en mesurer la portée, des poursuites restent justifiées.
« Concernant le chef de quartier, qui a bénéficié par endroits de l’excuse de son ignorance, il a déclaré à l’audience qu’il ne faisait que signer et qu’il n’a fait que l’école franco-arabe, nous avons requis une peine de quatre ans d’emprisonnement avec sursis et une amende de 3 millions de francs guinéens », a-t-il ajouté.
Du côté de la défense, le ton était tout autre. Les avocats du directeur préfectoral de l’Habitat ont fermement contesté la qualification pénale des faits et dénoncé ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la procédure judiciaire. Maître Mamady Doumbouya, l’un des conseils du prévenu, a soutenu que le litige relève exclusivement du domaine administratif et non pénal. Selon lui, si une procédure devait être engagée contre son client, elle aurait dû suivre les voies de recours administratives classiques.
Maître Mamady Doumbouya, avocat de la défense« Nous avons démontré par A + B que, s’il devait y avoir une procédure contre monsieur Abdoulaye Diakité, directeur préfectoral de l’Habitat, ce serait une procédure administrative. Il a agi en tant qu’autorité administrative. Lorsqu’un citoyen estime que ses droits sont lésés par un acte administratif, il existe d’abord un recours gracieux et un recours contentieux devant les juridictions compétentes. Ce n’est pas la procédure pénale qui a été mise en place par le ministère public », a-t-il expliqué.
Visiblement déçu par les réquisitions du parquet, l’avocat a dénoncé un « acharnement » contre son client.
« Nous avons été quand même déçus. À toutes les étapes de la procédure, nous avons soutenu qu’une action pénale dans cette affaire ne constitue qu’un acharnement contre le directeur préfectoral de l’Habitat. Nous avons fait ce que la loi nous recommande. Si le tribunal, dans l’application de la loi, fait également ce qu’elle prescrit, nous sommes convaincus que le prévenu sera renvoyé des fins de la poursuite », a conclu Maître Doumbouya.
Au terme des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au vendredi 6 mars pour le délibéré.
De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com
The post TPI de Kankan : 5 ans de prison avec sursis requis contre Abdoulaye Diakité, directeur préfectoral de l’Habitat first appeared on Guineematin.com.
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