TPI de Kaloum- Le garde pénitentiaire nie les faits à la barre : « les objets saisis sur moi ne m’appartiennent pas, je les ai ramassés lors de la fouille »

il y a 18 heures 72
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Les débats dans l’affaire opposant le ministère public au garde pénitentiaire, chef de brigade à la maison centrale de Conakry, Lamine N’diaye, se sont ouverts ce mardi 10 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum.

Il est poursuivi pour des faits de « détention et introduction de substances psychotropes dans un établissement pénitentiaire ». Les faits remontent à février dernier, lors d’une fouille à la maison centrale de Conakry, qui avait conduit au transfert du commandant Aboubacar Sidiki Toumba Diakité à Coyah.

À la barre, le prévenu, fort de 26 ans de service dans le secteur pénitentiaire, a rejeté les faits qui lui sont reprochés :

« C’était le 10 février 2026, dans la matinée. Nous étions au poste quand les gendarmes sont venus. Moi, je suis chef de brigade. Ils étaient au nombre de 300 hommes, tous armés. Nous, les gardes pénitentiaires, ils nous ont mis dans une cellule et ont commencé à fouiller les cellules. Mais ils le faisaient avec violence : ils violentaient les détenus et prenaient tout ce qui était de l’argent, ce qui a d’ailleurs poussé les détenus à la révolte.

Les détenus ont chassé les gardes pénitentiaires et les gendarmes de la cour, saccagé nos bureaux et certains cherchaient même à s’évader. Les gendarmes ont alors appelé des renforts, qui sont venus tirer. Pour apaiser la situation, nous nous sommes associés à la fouille. Nous avons fait sortir tous les détenus des cellules.

Lors des fouilles, les gendarmes prenaient tout ce qui était argent, seuls des objets étaient mis dans des sachets. Durant cette opération, j’ai ramassé un sachet contenant 4 millions de francs guinéens, 5 petits téléphones et du shit. C’est en sortant du couloir avec mon téléphone allumé que je me suis croisé avec des gendarmes qui ont pensé que je les filmais. Ils m’ont interpellé, j’ai dit que je ne filmais pas et que le sachet que j’avais ramassé serait présenté au gardien chef.

Ils ont pris le sachet, l’argent qu’il contenait et ont envoyé les objets saisis à leur chef. Arrivé dans leurs locaux, le colonel m’a interpellé : “N’diaye, c’est toi ça ? Si tu ne dis pas à qui appartiennent ces objets, c’est sur toi qu’on va mettre la charge.” Ce colonel avait été arrêté en 2010 dans une affaire de narcotiques. Les objets présentés à la presse ne m’appartiennent pas. Ils m’ont déféré avec tous les objets saisis lors de la fouille, alors que seul ce petit sachet était sur moi.

Je n’ai rien à voir avec ce qui m’est reproché. Je suis garde pénitentiaire depuis 2000 et j’ai servi dans 10 préfectures du pays. Je ne me permettrai jamais de faire quelque chose qui va à l’encontre de ma mission. »

Face à ces déclarations, la présidente du tribunal, Fanta Alama Camara, a ordonné le renvoi de la procédure devant le juge d’instruction pour un supplément d’information et a décidé le maintien en détention du prévenu.

Elisa CAMARA

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