PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]
Au secteur Industrie, dans le quartier Tombolia-Plateau 1, commune de Tombolia, un vieux conflit domanial oppose deux familles. Une affaire qui remonte à plusieurs décennies, les familles Diaby et Daffé revendiquant chacune la propriété des lieux.

Autour du domaine, où sont érigés trois bâtiments servant de logements à plusieurs familles, une longue procédure judiciaire a déjà fait le tour de plusieurs juridictions. Dans la matinée de ce lundi 11 mai 2026, Batourah Diaby, agissant au nom de sa famille et se prévalant de décisions de justice « en sa faveur », a fait intervenir des agents de la police pour procéder au déguerpissement des occupants.

Sans laisser aux locataires le temps de récupérer convenablement leurs effets, ni engager de véritable négociation, les policiers, appuyés par des jeunes et agissant sous les instructions de Batourah Diaby, ont expulsé les occupants avant de démonter portes, fenêtres et tôles à certains endroits. Dans la confusion, plusieurs biens et objets ont été endommagés.

« Nous n’avons pas été avertis. Ils sont tombés sur nous comme ça, tôt le matin, pour nous déguerpir. Nous avons quand même appris qu’il y avait des problèmes autour de ces lieux. On nous dit que ce n’est pas au véritable propriétaire que nous payons le loyer. C’est Monsieur Diallo, qui sert d’intermédiaire entre nous et la famille Daffé, qui ne nous a jamais dit que nous devions quitter les lieux. Nous n’étions pas au courant. Les policiers, accompagnés de jeunes civils, sont venus nous déguerpir. Ils ont endommagé les portes et les fenêtres. Certains de nos objets ont également été détruits. Personnellement, je n’ai pas encore fait l’inventaire des dégâts », a raconté à notre micro, une des victimes.
Les agents et les jeunes mobilisés pour la démolition agissent sous les instructions de Batourah Diaby, qui revendique la propriété des lieux. Dans ses explications, ce dernier affirme que le domaine appartenait à son défunt père. Cependant, selon lui, Elhadj Moustapha Daffé refuse d’accepter les décisions de justice reconnaissant cette propriété à sa famille.

« Les lieux ne m’appartiennent pas personnellement, ils appartiennent à notre père. Depuis l’époque de Lansana Conté, plusieurs jugements, allant jusqu’à la Cour suprême, ont toujours établi que cette propriété revient à notre famille. Mais le nommé Daffé s’y est toujours opposé. Tout le quartier sait pourtant que ces lieux nous appartiennent. À plusieurs reprises, à travers les autorités du quartier, j’ai demandé que les occupants libèrent les lieux, sans succès. Aujourd’hui, nous avons donc exécuté une décision de justice. Au départ, c’est Daffé qui était venu démolir des bâtiments ici, ce qui nous a conduits devant la justice. Je me rappelle qu’il avait payé 60 millions de francs guinéens après avoir détruit les constructions qui existaient à l’époque. Il avait également fait emprisonner notre gardien, un certain Bangoura, aujourd’hui décédé. Il soutenait toujours que la mairie lui avait attribué les lieux, mais il perdait systématiquement les procès. Tous les occupants ont été avertis. Nous détenons la décision de justice depuis plusieurs mois et nous avons suivi toute la procédure afin de ne pas être en porte-à-faux avec la loi », a-t-il raconté à notre micro.

Pour sa part, Elhadj Moustapha Daffé, fonctionnaire à la retraite, reconnaît ne pas être propriétaire du terrain sur lequel il a construit plusieurs habitations, jusque-là occupées par de nombreuses familles. Pour y réaliser ces constructions, il affirme avoir obtenu l’autorisation de l’État, qui lui avait délivré un certificat de jouissance valable jusqu’à une éventuelle reprise des lieux, ceux-ci étant situés dans une zone industrielle.

« Cela fait plus de 10 ans maintenant, ce monsieur m’a trouvé sur le site. Il m’a dit que le terrain appartient à son père. Je lui ai dit carrément qu’attention monsieur, je ne disconvient pas mais c’est l’Etat qui m’a donné ce terrain, j’ai tous les papiers. Je suis passé officiellement, j’ai donc fait une demande, on m’a donné le terrain à travers un certificat de jouissance. Cela me donne l’autorisation d’exploiter le terrain jusqu’à ce que l’État ait besoin puisqu’on m’avait signifié, dès au départ qu’il s’agit d’une zone industrielle, donc un domaine public. Il est revenu encore, je lui ai dit non mon frère, je n’ai rien à faire avec vous, personne n’est au-dessus de la loi, tu peux m’inviter là où je peux m’expliquer. C’est ainsi qu’il m’a convoqué au tribunal. On a fait le jugement, un premier jugement. Ils ont fait comprendre que le terrain appartient à Batourah. J’ai alors porté plainte contre l’Etat puisque c’est lui qui m’a donné le certificat de jouissance. L’État a répondu. On est resté comme ça. Mais à chaque fois qu’on venait, il n’y avait pas d’issue. Chaque fois qu’on venait, il n’y avait pas d’issue. (…). Alors qu’on suivait cette procédure, il est venu une première fois démonter les portes prendre 4-5 feuilles de tôle. J’ai alors porté plainte contre lui à Mafanco. On l’a convoqué, mais il n’a pas répondu. On a mis un mandat d’amener contre lui. Il ne s’est pas présenté. Parce qu’il a l’argent ? On est resté comme ça. Après, un moment encore, il est parti mentir sur moi au niveau de l’antidrogue. On m’a invité là-bas, on m’a mis encore en prison. Un jour même, on m’a mis en prison, à la Maison Centrale. Après ces manigances, ils ont même fait une ordonnance lui interdisant de foutre pied sur ces lieux tant que la justice ne tranche définitivement ce dossier. J’ai l’ordonnance là », a raconté le fonctionnaire à la retraite.

Poursuivant ses explications, M. Daffé dit ne pas comprendre pourquoi Batourah Diaby a pu agir malgré l’interdiction de la justice. D’autant plus que, selon lui, ce dernier s’était récemment « rendu à l’habitat pour demander un permis de démolition des lieux », une requête qui lui aurait été refusée.

« Quand Monsieur Diaby est parti à l’habitat, ils m’ont appelé, je suis venu avec tous les documents, ils lui ont dit non, M. Diaby, ce terrain n’appartient ni toi, ni à M. Daffé. C’est ainsi que l’habitat a envoyé une mission faire un état des lieux. C’est à l’issue de cela que l’habitat m’a appelé pour me dire que seul l’État peut me déguerpir de ce terrain car c’est une zone industrielle. Il s’est donc calmé ces trois derniers mois. Aujourd’hui, à mon fort étonnement, j’ai appris qu’il a envoyé des loubards pour démolir la maison sans passer par l’habitat pour avoir un permis de démolir, ni passer par le tribunal qui va délivrer l’autorisation de démolir. En faisant cela, il a voulu que je l’affronte, mais non, je ne le ferai pas. C’est pourquoi je ne me suis jamais présenté pour éviter qu’on dise que j’ai fait une agression. Je ferai usage de mes droits autrement. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il promis.
Pour éviter le déguerpissement forcé intervenu ce jour, les autorités locales affirment avoir joué leur rôle. Dès le départ, Amara Soumah, chef du secteur Industrie, où se situe le domaine litigieux, dit être intervenu auprès des occupants et du gestionnaire des lieux.

« C’est un conflit qui remonte au mois de janvier, du moins en ce qui concerne mon implication. Après ma prise de fonctions, la famille Batourah Diaby est venue me voir pour m’informer qu’elle disposait d’une autorisation pour démolir la maison. Avec ces documents, nous sommes allés voir le chef de quartier. Sur instruction de mon supérieur, j’ai convoqué le gestionnaire des lieux, au nom d’un certain Daffé, ainsi que ses voisins, afin d’échanger sur ce dossier. Nous leur avons signifié qu’ils devaient saisir la justice pour trancher le conflit. Avec les agents de justice, je me rappelle que nous étions venus avertir les locataires qu’ils devaient libérer les lieux. Cela fait plus d’un an et six mois. Quiconque affirme ne pas avoir été informé ne dit pas la vérité », a-t-il indiqué.

Au moment où nous mettions cet article en ligne, l’opération de démolition des bâtiments se poursuivait encore, sur ordre de Batourah Diaby. Reste désormais à savoir quelle suite sera donnée à cette affaire.
Nous y reviendrons !
.png)
il y a 1 heur
10

















![Peut-on faire le Hajj sans pratiquer pleinement l’islam ? [Par Aboubacar Sakho]](https://mediaguinee.com/wp-content/uploads/2026/01/7d88c220-8c05-4ce1-8760-2fc58b822e91-1.jpeg)


English (US) ·