Sabadou Baranama (Kankan) : quand l’absence d’enseignants condamne les enfants de Bamba Randou

il y a 2 heures 16
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Situé à une vingtaine de kilomètres de la commune rurale de Sabadou Baranama, le district de Bamba Randou sombre depuis près de trois ans dans l’oubli des autorités, notamment en matière d’éducation des tout-petits. Ici, malgré leur volonté de poursuivre leurs études, de nombreux enfants ont déserté les salles de classe pour se retrouver dans les champs ou la brousse, derrière les bœufs, en raison de l’absence prolongée d’enseignants, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.
Dans l’enceinte de l’école primaire, le constat est tout aussi alarmant. Les tables-bancs, exposés à ciel ouvert, témoignent de salles de classe totalement vides. Une situation devenue préoccupante pour les parents d’élèves, qui lancent aujourd’hui un cri de cœur à l’endroit des autorités éducatives.

« Nous sommes conscients de l’importance de l’éducation des enfants. Malheureusement, depuis trois ans, nos enfants restent à la maison à cause de l’absence totale d’enseignants. Pourtant, nous disposons d’une école primaire de six salles de classe, aujourd’hui non opérationnelle. Cette situation nous inquiète énormément », a déclaré Mariame Camara.

Dans cette famille, les enfants passent la majeure partie de leur temps autour du thé ou à la recherche de fagots de bois. Kankou Konaté, mère de famille, nourrit le désir de scolariser ses enfants, mais son rêve se heurte à la dure réalité : l’absence d’enseignants dans le district.

Kankou Konaté, habitante

« J’ai plus de sept enfants en âge d’être scolarisés, mais en raison de l’absence d’enseignants, je suis obligée de les garder à la maison ou de les envoyer m’aider aux champs. Pourtant, mon rêve est de voir mes enfants aller à l’école afin de mieux préparer leur avenir », a-t-elle déclaré.

Pour préserver l’avenir scolaire de ses enfants, Djanka Touré a, quant à elle, choisi de les inscrire à l’école primaire de Sabadou Baranama, située à près de 20 kilomètres. Un trajet pénible, rendu encore plus difficile par l’état de dégradation avancée de la route. « Mes enfants ont déjà perdu deux années sans étudier. C’est pourquoi j’ai décidé, cette année, de les envoyer à Sabadou Baranama pour éviter de perdre une autre année scolaire, malgré la distance et l’état impraticable de la route », a-t-elle expliqué.

À ces difficultés éducatives s’ajoute un autre problème majeur : la santé. L’unique poste de santé du district n’est plus en mesure de répondre aux besoins de la population. Lits délabrés, plafonds fissurés, manque d’électricité, d’eau et de médicaments constituent le quotidien du personnel sanitaire.

Mohamed Sylla, médecin

« Ici, nous manquons cruellement d’équipements. Dans la salle d’accouchement, nous n’avons que deux lits. Lorsqu’il y a plusieurs femmes en travail, certaines sont contraintes d’accoucher à même le sol. Plusieurs lits sont équipés de matelas traditionnels délabrés. La toiture et les plafonds sont complètement dégradés et, pendant la saison des pluies, la plupart des salles et bureaux sont envahis par les eaux. Nous traversons énormément de difficultés », a fait savoir Mohamed Sylla, médecin.

Entre écoles abandonnées, structures sanitaires défaillantes et routes impraticables, Bamba Randou reste enclavé, isolé des services sociaux de base. Tant que les voies d’accès menant à ce district ne seront pas réhabilitées, les espoirs de développement et d’accès à l’éducation et à la santé pour ses populations continueront de s’enliser… comme ses routes.

De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com

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