Reprise de MTN par l’État : Abdoulaye Barry plaide pour une cession de 50% des parts pour plus d’efficacité

il y a 18 heures 79
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Il y a quelques mois, l’État guinéen a annoncé la reprise à 100 % des parts de la société de téléphonie mobile MTN Guinée.

Cette décision, probablement prise dans l’objectif de donner un nouveau souffle à l’entreprise, n’a toutefois pas encore permis à la société de se redresser.

Le marché de la téléphonie mobile reste largement dominé par Orange, leader incontesté depuis plusieurs années.

Dans une interview accordée à notre rédaction cette semaine, le Secrétaire général de la Fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL), Abdoulaye Barry, a affirmé que si MTN fonctionnait à 10 % de ses capacités avant la reprise par l’État, « elle n’est aujourd’hui qu’à 5 % ».

Poursuivant, ce fin connaisseur du secteur des télécommunications en Guinée a regretté la reprise par l’État guinéen de 100 % des parts de MTN. Selon lui, au regard des nombreuses charges qui pèsent sur l’État, celui-ci ne peut se permettre d’investir plus de 500 milliards de francs guinéens par an en faveur de cette entreprise qui demande un investissement considérable.

« L’État dit qu’il reprend 100 % du capital de MTN. Mais quel État peut aujourd’hui gérer 100 % du capital d’un opérateur télécom ? Même SONATEL n’est pas gérée à 100 % par l’État sénégalais. Et SONATEL est présente au Sénégal, en Guinée, en Sierra Leone, au Mali, en Guinée-Bissau, et bientôt dans d’autres pays aussi. L’État sénégalais n’a même pas 60 % des parts dans cette société. Cela permet à SONATEL de très bien fonctionner. Vous savez, une entreprise, ce sont des actions, donc des actionnaires. Pour SONATEL, par exemple, Orange France a 42 % des parts. Même quand vous prenez Orange France, Orange SA, le gouvernement français n’a pas 100 % des parts. Comment peut-on dire que l’État va prendre 100 % dans MTN ? Vous savez, pour investir une seule année, ce sont des milliards. Quand vous prenez les investissements d’Orange Guinée, par exemple, ce n’est pas moins de 500 milliards de GNF. Comment l’État seul va-t-il pouvoir mobiliser chaque année plus de 500 milliards pour investir, alors qu’il faut payer les enseignants et faire face à d’autres charges ? », s’est-il interrogé.

Pour permettre à l’État d’atteindre ses objectifs avec MTN, Abdoulaye Barry plaide en faveur de la vente de 50 % des parts de la société. Selon lui, cette option permettrait à un partenaire stratégique, aux côtés de l’État, d’investir davantage dans l’entreprise.

« Le conseil que nous recommandons à l’État, à la personne de M. le Président de la République, c’est de trouver un associé. Même s’il va allouer 50 % des parts, il en prend 50 %. Et dans les 50 % des parts de l’État, il donne 5 % aux travailleurs. Celui qui aura les 50 %, non seulement viendra mettre du cash, ce sont des millions de dollars et maintenant, les deux vont s’associer pour investir et permettre à la société de s’en sortir. Figurez-vous que 50 % des parts de MTN, ce n’est pas moins de 50 millions de dollars », a-t-il lancé.

MohamedNana BANGOURA

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