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http://Actuguinee.org/ À l’approche des élections législatives en Guinée, la question du mode de répartition des sièges devient un enjeu central pour les acteurs politiques comme pour les citoyens. Si les principes généraux du système électoral sont définis par le Code électoral, une lecture attentive de certaines dispositions révèle toutefois une ambiguïté juridique qui mérite d’être clarifiée. En particulier, l’articulation entre les articles 152 et 154 du Code électoral peut prêter à confusion quant aux méthodes applicables pour la répartition des sièges.
L’article 152 du Code électoral traite explicitement de la répartition des sièges par liste à la représentation proportionnelle. Il décrit avec précision la méthode de calcul à appliquer dans ce type de scrutin. Selon cette disposition, la première étape consiste à déterminer le quotient électoral, obtenu en divisant le nombre total de suffrages valablement exprimés par le nombre de sièges à pourvoir. Chaque liste obtient ensuite autant de sièges que ce quotient est contenu dans le nombre de voix qu’elle a recueillies. Les sièges restant à attribuer sont enfin répartis selon la règle de la plus forte moyenne.
Ce mécanisme correspond à la logique classique du scrutin proportionnel, dont l’objectif est de transformer les suffrages exprimés en sièges parlementaires de manière relativement équilibrée. La proportionnelle vise ainsi à refléter le poids réel des différentes forces politiques dans la représentation nationale.
Cependant, le système électoral guinéen ne repose pas exclusivement sur la représentation proportionnelle. L’article 154 du même Code précise que les deux tiers des députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal ou plurinominal à un tour, tandis que le tiers des députés est élu au scrutin de listes nationales à la représentation proportionnelle. Le dispositif électoral guinéen s’inscrit donc dans un système mixte combinant deux logiques différentes, une logique majoritaire territoriale et une logique proportionnelle nationale.
Or, dans la théorie électorale classique, ces deux modes de scrutin reposent sur des principes distincts. Le scrutin majoritaire consiste à attribuer le siège ou les sièges au candidat ou à la liste ayant obtenu le plus grand nombre de voix dans la circonscription concernée. À l’inverse, la représentation proportionnelle repose sur une méthode de calcul visant à répartir les sièges entre les différentes listes en fonction du nombre de suffrages obtenus.
C’est précisément à ce niveau que surgit la confusion. Alors que l’article 152 rattache clairement les méthodes du quotient électoral et de la plus forte moyenne à la représentation proportionnelle, l’article 154 évoque ces notions dans un cadre où il est également question de scrutins majoritaires uninominal et plurinominal. Cette juxtaposition peut donner l’impression que ces méthodes mathématiques pourraient s’appliquer à l’ensemble des scrutins législatifs, y compris ceux de nature majoritaire.
Une telle interprétation pourrait pourtant s’écarter de la logique juridique des systèmes électoraux. Dans un scrutin majoritaire, le principe de base demeure simple, le candidat ou la liste qui obtient le plus de voix remporte le siège. Les méthodes du quotient électoral et de la plus forte moyenne appartiennent en revanche au domaine de la proportionnelle.
Cette ambiguïté, si elle n’est pas clarifiée, pourrait devenir une source potentielle de contestations électorales. Dans de nombreux systèmes démocratiques, les contentieux électoraux trouvent souvent leur origine dans l’interprétation des règles relatives à la transformation des voix en sièges.
À quelques mois des échéances législatives, il apparaît donc nécessaire de lever toute ambiguïté sur l’articulation entre ces dispositions du Code électoral. Car en matière électorale, la solidité d’un processus démocratique repose autant sur la transparence du vote que sur la clarté des règles qui encadrent la représentation parlementaire.
Lorsque la loi électorale est parfaitement lisible, elle protège la légitimité du scrutin. Lorsqu’elle laisse place à l’interprétation, elle ouvre inévitablement la porte aux contestations.
Yakouba Mariame Konaté
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L’article Répartition des sièges aux législatives : la confusion juridique entre les articles 152 et 154 du code électoral qu’il faut lever pour éviter les contentieux est apparu en premier sur Actuguinee.org.
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