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Le procès des événements du 28 septembre 2009 s’est poursuivi ce lundi 19 janvier 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry. Après l’épuisement des débats de fonds dans l’affaire Bienvenu Lamah, les parties civiles constituées dans cette procédure judiciaire portant sur les violences perpétrées au stade du 28-Septembre ont été entendues.
Le premier à comparaître à la barre est Bangaly Diané, âgé de 46 ans, chauffeur de profession, marié et père de 6 enfants, résident à Dabomby École. Il affirme avoir été atteint par balle au genou lors des événements. Selon ses déclarations, la balle a traversé son genou. Depuis 17 ans, dit-il, il se soigne à ses propres frais avec l’aide de sa famille.
La partie civile explique s’être constituée dans cette procédure judiciaire dans l’espoir d’obtenir une assistance lui permettant de recouvrer sa mobilité.
À la barre, M. Diané déclare avoir reçu une balle au genou à l’intérieur du stade, sans toutefois être en mesure d’identifier son tireur. Il affirme néanmoins avoir vu des « bérets rouges » avec certitude.
Interrogé sur la présence d’autres forces de sécurité, il précise avoir aperçu « des gendarmes et des policiers, mais à l’extérieur du stade ». Il affirme également avoir vu « beaucoup de corps».
Revenant sur les circonstances de sa présence au stade le 28 septembre 2009, Bangaly Diané explique « En 2009, j’ai suivi la foule jusqu’au stade. Arrivés à la porte d’entrée, on a été retardés un moment avec monsieur Thiégboro, mais finalement nous avons forcé l’entrée. »
Il poursuit « Une fois sur la pelouse, certains priaient. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à entendre des coups de feu. Nous étions nombreux et j’ai été atteint au genou. Ensuite, on m’a sorti du stade et placé dans une cour. Finalement, ma famille est venue me récupérer pour m’amener dans mon village, à Benna-Moussaya. Mon état s’est aggravé là-bas et j’ai appris que des blessés étaient pris en charge à l’hôpital Donka. Je suis alors revenu à Conakry et je me suis rendu à l’hôpital Ignace Deen. Là-bas, les médecins ont proposé de bloquer mon genou, mais une grande sœur nommée Salé Diané s’y est opposée. Ensuite, on m’a conduit à Kamsar. Là-bas aussi, on m’a administré des piqûres, mais sans succès. »
Une fois à Conakry avec une santé toujours délétère Bangaly Diané a expliqué que la famille s’est débrouillée pour l’envoyer en Tunisie afin qu’il puisse poursuivre sa convalescence. «Là-bas, j’ai été opéré, ils ont retiré quelque chose à l’intérieur de mon genou et y ont placé une barre de fer. Aujourd’hui, mon genou se plie à 75 %, mais les vis à l’intérieur me fatiguent beaucoup lorsque je marche longtemps», a-t-il annoncé en montrant mon pied au tribunal.
Répondant à une question du président du tribunal, Aboubacar Thiam, sur son refus initial de se rendre à l’hôpital, Bangaly Diané explique « J’avais peur. Tout le monde disait que quand on allait à l’hôpital, c’était pour nous tuer. C’est à cause de cette peur que nous que je suis pas allé àl’hôpital»
Le ministère public a, pour sa part, cherché à comprendre les raisons de sa présence au stade ce jour-là « J’ai suivi la foule. Les gens étaient motivés. Comme Dadis avait dit qu’il allait rester, j’étais allé manifester mon opposition », a-t-il déclaré.
Insistant sur la présence de corps sans vie, le ministère public lui demande s’il a vu des personnes décédées au stade.
« Ça ne finissait pas, ils étaient nombreux », a répondu Bangaly Diané.
La partie civile s’est ensuite limitée à poser des questions de précision afin d’éclairer la religion du tribunal.
Les avocats de la défense, s’appuyant sur les documents médicaux versés au dossier, ont tenté de démontrer que ces pièces ne reflètent pas la réalité. Selon eux, ces documents attesteraient que «les blessures sont antérieures aux événements du 28 septembre 2009 ».
Ils soutiennent également que « la blessure dont il se plaint serait survenue dans d’autres circonstances ». Un premier document produit est daté de janvier 2010. Or, selon la description médicale de cette période, les blessures remonteraient au 4 avril 2008.
Par ailleurs, aucun document ne mentionne un séjour médical en Tunisie. Il ressort également des pièces produites que la balle aurait été reçue à Madina Avaria, sous le pont, lors d’une manifestation de femmes, alors que Bangaly Diané circulait à moto.
Me Pépé Antoine Lamah estime que les deux parties civiles entendues à la barre ne sauraient même pas ce qu’elles recherchent dans ce prétoire.« C’est devenu un business pour certains dans cette procédure. Nous apprenons qu’un groupe de parties civiles aurait été indemnisé. Alors, dès qu’un autre volet du procès s’ouvre, des personnes viennent aveuglément se constituer partie civile dans le but de s’enrichir injustement sur le dos de l’État », a-t-il déclaré.
Mamadou Yaya BARRY
L’article Procès du 28 septembre 2009 : la défense de Bienvenu Lamah remet en question le témoignage de Bangaly Diané, qui dit avoir été touché par balle au stade est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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