Procès 28 septembre: une victime de pillages à Cosa charge les bérets rouges

il y a 3 heures 55
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Depuis ce lundi, les victimes et témoins des événements tragiques du stade de Conakry défilent devant le tribunal criminel délocalisé.

Ce second volet du procès concerne l’implication présumée du colonel Bienvenu Lamah, instructeur au camp de Kaléah à l’époque des faits. Les témoins de la partie civile s’efforcent de démontrer la réalité des préjudices subis.

À la reprise de l’audience ce mardi, Ibrahima Sory Baldé a été le premier à témoigner. Blessé lors du massacre, il a décrit un climat de chaos : « Nous étions obligés de monter sur les toits pour nous réfugier dans les maisons environnantes. Personnellement, je n’ai pas vu de militaires à l’intérieur du stade, j’ai seulement entendu des coups de feu. En revanche, j’en ai aperçu à l’extérieur », a-t-il précisé.

Après Ibrahima Sory, c’est Mamadou Pètè Baldé, également blessé alors qu’il tentait de fuir l’enceinte du stade qui lui a succédé. Bien qu’il ne dispose d’aucun certificat médical pour prouver sa présence, il a maintenu sa version en décrivant des scènes précises : le décès d’une femme par balle, la vue de nombreux corps et les tirs des forces de l’ordre.

La défense a aussitôt souligné le fait que ce témoin ne s’était jamais manifesté durant les huit années d’instruction. Interrogé sur ce silence prolongé et l’absence de preuves, le témoin a simplement répondu : « C’est Dieu qui n’avait pas voulu que je me présente avant ce moment », a-t-il répliqué.

Concernant la responsabilité directe du colonel Bienvenu Lamah, Mamadou Pètè Baldé a affirmé ne pas l’avoir vu ni entendu donner d’ordres ce jour-là.

Des scènes de pillages à Cosa

Troisième témoin à comparaître, Fatoumata Binta Bah, commerçante, a apporté un éclairage sur les violences survenues hors du stade. Le 28 septembre 2009, dans l’après-midi, sa boutique située à Cosa a été la cible de pillages.

Elle raconte avoir entendu des tirs de gaz lacrymogènes et de balles réelles provenant de militaires, notamment des bérets rouges arrivés en pick-up.

« Nous avons fermé nos boutiques pour nous cacher chez des voisins. À notre retour, tout avait été emporté par les assaillants », a-t-elle déploré. Elle réclame aujourd’hui justice et réparation pour une perte estimée à 31 millions de francs guinéens.

Toutefois, à l’instar des autres témoins, elle a déclaré ne pas connaître Bienvenu Lamah et a précisé que ce dernier n’était pas présent lors du pillage de son commerce.

Enfin, Souleymane Diallo, enseignant de 58 ans, s’est présenté au nom de son frère aîné, blessé au stade et décédé deux ans plus tard, le 3 novembre 2011. Si le témoin affirme détenir des documents médico-légaux attestant de la blessure de son frère au stade, la défense, par la voix de Me Zézé Kalivogui, a soulevé une exception de procédure, estimant qu’il n’avait pas qualité à intervenir au nom du défunt malgré leur lien de parenté.

Au terme de ces auditions, le tribunal a renvoyé l’audience au 26 janvier prochain pour la suite des dépositions des témoins de la partie civile.

Alhassane Fofana 

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