Procès 28 septembre : les avocats du Colonel Bienvenu Lamah dénoncent des témoignages montés de toutes pièces

il y a 3 heures 25
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Les témoignages, jugés fragiles et légers, de certaines parties civiles dans le deuxième volet du procès du massacre du 28 septembre renforcent la position des avocats du colonel de gendarmerie Bienvenu Lamah.

Ce dernier, en détention à la Maison centrale depuis plus de deux ans, est poursuivi pour son implication présumée dans ces événements tragiques.

Ses conseils, notamment Me Zézé Kalivogui, dénoncent un montage à dessein visant à accabler leur client.

Dans un entretien qu’il a accordé à mosaiqueguinee.com, ce mercredi, 21 janvier 2026, l’avocat au barreau de Guinée n’a pas exclu d’engager des poursuites pour faux témoignages contre ceux qui tenteraient d’enfoncer injustement l’officier.

Me Zézé Kalivogui a vivement déploré l’attitude de certaines parties civiles dont les déclarations contrastent, selon lui, avec la réalité des faits.

« Ce sont les personnes se disant parties civiles qui défilent à la barre. Après être restées absentes durant la première procédure, certaines se réveillent aujourd’hui, alors que des milliards sont en jeu, pour venir troubler la sérénité des débats », a-t-il déploré.

L’avocat souligne plusieurs anomalies notamment des récits déconnectés des événements du 28 septembre, l’absence de documents médicaux ou encore la présence de représentants de victimes présumées sans aucun mandat légal ou titre justificatif.

« En résumé, ces passages ne nous émeuvent pas. La plupart de ces personnes déclarent d’ailleurs n’avoir aucun lien avec le colonel Bienvenu Lamah. Nous sommes donc sereins. Le moment venu, nous démontrerons que ces constitutions de parties civiles ne sont pas fondées et nous verrons s’il y a lieu d’engager des poursuites », a-t-il déclaré.

Pour l’avocat, ceux qui se constituent parties civiles sans lien avec les massacres s’exposent à de graves sanctions juridiques. Outre le fait d’être déboutés, ils pourraient être visés par des plaintes pour dénonciation calomnieuse et tentative d’escroquerie.

« On ne peut pas se réjouir de la prison d’autrui, ni venir marchander sur le dos des véritables victimes. C’est indigne », martèle Me Zézé Kalivogui.

Interrogé sur le fondement juridique de ses contestations concernant les proches de victimes venant témoigner sans pouvoir, l’avocat a tenu à rappeler les règles de procédure.

« En droit, il faut avoir la qualité. Soit vous avez souffert personnellement des effets de l’infraction, soit vous représentez une personne et, dans ce cas, vous devez impérativement être muni d’une procuration. Sans ce mandat, vous n’avez pas le droit de figurer dans la procédure », a-t-il clarifié.

L’avocat cite également l’exemple frappant d’une prétendue victime affirmant avoir reçu une balle au genou au stade en 2009. Or, son dossier médical indiquait une blessure par balle reçue le 15 avril 2008 lors d’un soulèvement de commerçants sous l’échangeur de Madina.

« Comment accorder du crédit à ce genre de témoignage ? Si l’on étudie le dossier avec attention, on constate qu’il y a eu beaucoup de montages pour figurer dans cette procédure », a-t-il fustigé.

Malgré ces critiques, la défense réaffirme sa confiance envers le tribunal et se dit déterminée à faire éclater la vérité du droit dans ce dossier.

Me Zézé Kalivogui a enfin appelé la population à plus de retenue dans ce dossier, notamment sur les réseaux sociaux.

« Les réseaux sociaux ne sont pas le tribunal. Il faut des raisonnements rationnels. Nous n’avons que la justice pour nous faire entendre. Il faut savoir garder un certain recul pour situer les responsabilités avec objectivité. Que ce procès serve à tout le peuple de Guinée pour qu’à l’issue des débats, la population puisse se réconcilier avec elle-même », a-t-il conclu.

Alhassane Fofana

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