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La fin de l’année 2025 aura été particulièrement éprouvante pour un jeune entrepreneur agricole du district de Samoreya, relevant de la sous-préfecture de Damakania, dans la préfecture de Kindia. En l’espace de quelques jours, deux incendies successifs ont ravagé ses plantations d’ananas, réduisant à néant plusieurs années d’efforts, d’investissements et de sacrifices.
Dans son témoignage à Guinéenews, la victime revient sur les circonstances du désastre, évalue les pertes subies et lance un appel pressant aux jeunes et aux autorités.
Des incendies dévastateurs malgré les précautions
Producteur d’ananas depuis plusieurs années, Boubacar Barry exploitait deux hectares à Samoreya. Une activité qu’il menait avec rigueur, conscient des risques liés aux feux de brousse en saison sèche.
« Je suis producteur d’ananas et j’exploite deux hectares ici à Samoreya. Chaque année, nous faisons face aux incendies, mais cette fois-ci, la destruction a été totale. Sur le premier site, 23 000 pieds ont été touchés, et sur le second, 35 000 », confie-t-il.
Selon lui, la particularité de cette année réside dans l’origine du second incendie : « le feu est parti de l’intérieur même du champ. Alors que toutes les mesures préventives avaient été prises. Nous avions nettoyé les champs, installé des pare-feux et éloigné l’herbe sèche sur plusieurs mètres. Tout était prêt. Et pourtant, le feu a trouvé un chemin et a tout consumé. »
Il décrit avec amertume la rapidité de la propagation : « la veille, nos travailleurs avaient terminé le désherbage. Le lendemain, le champ était déjà réduit en cendres. Pendant quatre ans, nos pare-feux avaient suffi, mais cette fois, le feu est passé. C’est un véritable choc de voir tout ce travail disparaître malgré nos efforts. »
Des pertes lourdes, bien au-delà des plants détruits
Les dégâts matériels sont considérables. « Les 10 000 rejets que j’ai achetés m’ont coûté six millions de francs guinéens, sans compter le défrichage, le dessouchage, le travail du tracteur, le transport et le carburant pour la surveillance des champs », précise-t-il.
Mais au-delà de l’aspect financier, l’impact est aussi moral et humain : « chaque jour, je venais contrôler l’évolution des plantations. Ce n’est pas seulement de l’argent, c’est du temps, de l’énergie et de l’espoir. Voir tout ce travail partir en fumée est une véritable douleur. »
Pour l’heure, il préfère ne pas avancer de chiffre global : « il faudra revoir toutes mes notes pour calculer exactement les dépenses. Mais ce que je sais, c’est que la perte est énorme et qu’elle compromet nos projets pour les années à venir. »
Entre prudence et insécurité juridique
Interrogé sur d’éventuelles poursuites judiciaires, Boubacar Barry se montre prudent. Aucune plainte n’a été déposée pour l’instant.
« Je n’ai engagé aucune action en justice pour des raisons de sécurité. Une enquête pourrait créer des tensions au sein de la communauté et engendrer d’autres problèmes. Je préfère m’en remettre à la justice divine. Certains entrepreneurs agricoles ont déjà été pris pour cible après des arrestations. Je dois protéger ma famille et mes investissements. Aujourd’hui, je parle pour alerter, pas pour chercher vengeance », explique-t-il.
Cette prudence met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes agriculteurs dans des zones où habitations, pâturages et exploitations agricoles se côtoient, augmentant les risques d’incendies et de conflits.
Un message d’espoir et un appel aux autorités
Malgré l’ampleur des dégâts, le jeune entrepreneur refuse de baisser les bras et adresse un message aux jeunes tentés par l’agriculture : « à ceux qui veulent se lancer, réfléchissez mille fois avant de franchir le cap. L’agriculture demande du courage, de la persévérance et de la résilience. Mais pour ceux qui sont déjà engagés, continuez le combat et ne vous laissez pas abattre par les épreuves. »
Il interpelle également les autorités locales et nationales : « nous avons besoin de zones agricoles sécurisées pour permettre aux investisseurs privés de travailler sans crainte. Monsieur le Président, autorités locales, nous sollicitons votre soutien pour protéger nos plantations et encourager la nouvelle génération d’agriculteurs. »
Déterminé, Boubacar Barry conclut : « deux hectares sont partis en fumée, mais le combat continue. Nous espérons que nos efforts seront reconnus et que des mesures concrètes seront prises pour sécuriser nos investissements. »
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il y a 1 jour
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