Pluies hors saison à Lola : les paysans entre inquiétudes et espoirs pour le café et le cacao

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La préfecture de Lola, située à proximité de la grande forêt des Monts, fait face cette année à une situation climatique pour le moins inhabituelle. Alors que la région connaît traditionnellement une saison pluvieuse d’environ huit mois, les précipitations se poursuivent presque sans interruption depuis près de douze mois, bouleversant les repères climatiques établis. Les mois de novembre et décembre, généralement dominés par l’harmattan, ont ainsi été marqués par des pluies persistantes, suscitant de vives inquiétudes, notamment chez les agriculteurs, quant à l’impact sur le calendrier agricole et les récoltes.

Une prolongation inédite de la saison des pluies

À Lola, où la saison des pluies s’étend habituellement sur huit mois, la persistance des précipitations tout au long de l’année a considérablement réduit la saison sèche. Une situation que le directeur préfectoral de la météorologie attribue directement aux effets du changement climatique.
« Ce que nous observons actuellement relève des conséquences du dérèglement climatique. Les fortes chaleurs favorisent des pluies prolongées. Par exemple, le mois d’août a enregistré peu de précipitations, alors qu’en décembre, période normalement sèche, nous avons tout de même relevé des pluies, certes moins intenses », explique-t-il.

Selon ce responsable, ces bouleversements imposent une adaptation des pratiques agricoles, notamment en ce qui concerne l’organisation des semis, des récoltes et des travaux de défrichage. Déjà, la prolongation des pluies perturbe les opérations de défrichement et de sarclage, qui nécessitent des périodes de sécheresse pour être menées efficacement.

Une opportunité pour les producteurs de café et de cacao

Si cette situation constitue un défi pour de nombreuses cultures, elle est néanmoins perçue comme une opportunité par certains producteurs, notamment ceux du café et du cacao. Dans plusieurs plantations de la région, la floraison des caféiers a déjà débuté, un signe jugé encourageant pour la prochaine campagne agricole.

« Avec la pluie, le cacao continue de produire. Pour nous, c’est un bon présage pour l’année prochaine. Nous espérons une hausse de la production », se réjouit un producteur local.

Ces cultures de rente, particulièrement sensibles aux périodes de sécheresse, semblent bénéficier de l’humidité prolongée, qui favorise leur croissance et pourrait se traduire par de meilleurs rendements, voire une amélioration de la qualité de la production.

Entre inquiétudes et adaptation nécessaire

Malgré ces signaux positifs, les autorités météorologiques appellent à la prudence. La persistance d’un climat excessivement humide pourrait, à long terme, affecter la structure des sols, favoriser l’apparition de maladies ou de parasites et fragiliser certaines cultures. Par ailleurs, la durée prolongée des pluies risque d’entraîner des retards de récolte ou des phénomènes de pourriture pour les plantes sensibles à l’excès d’humidité.

Une situation à suivre de près

Le cas de Lola illustre les effets concrets du changement climatique sur les équilibres agricoles. Entre risques immédiats et opportunités économiques, les producteurs et les autorités sont appelés à renforcer leur collaboration afin d’adapter les stratégies agricoles aux nouvelles réalités climatiques.

Dans ce contexte d’incertitude, la vigilance, l’anticipation et l’adaptation demeurent essentielles pour garantir une agriculture durable et résiliente face aux bouleversements climatiques de plus en plus imprévisibles.

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