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Comme annoncé dans un communiqué publié le 19 janvier dernier, la Direction générale de la police nationale, en coordination avec le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme ainsi que les autorités communales, a lancé ce mercredi 21 janvier 2026 une vaste opération de déguerpissement des encombrants physiques le long des axes routiers de la commune de Matoto.
Selon les autorités, cette initiative vise à libérer les emprises routières occupées de manière jugée anarchique et persistante, notamment par des installations commerciales et des étals débordant sur la chaussée, afin de fluidifier la circulation et renforcer la sécurité des usagers.
Sur le terrain, l’opération suscite toutefois des réactions contrastées parmi les personnes affectées. Plusieurs victimes dénoncent un manque d’information préalable et des pertes matérielles importantes.
Vendeur de cure-dents, El Hadj Mandjou Sylla affirme ne pas avoir été informé de l’opération et appelle à une solution alternative. « Je n’ai pas été informé du déguerpissement. Du moment où nous sommes déguerpis, qu’ils m’aident à avoir une autre place pour que je puisse vendre les cures dents, afin de trouver de quoi à manger. Je suis fatigué, je ne peux pas aller loin pour revendre mes cures dents. »
Même sentiment d’incompréhension chez Saran Camara, vendeuse de riz, qui évoque un traitement injuste. « Si le communiqué est passé, je n’ai pas été au courant, puisque j’étais au village. Je vends du riz dans mon restaurant ici qui est loin derrière les poteaux électriques. Je peux dire que c’est un règlement de compte, puisqu’ils ont cassé tous les encombrants physiques jusqu’à la devanture de mon restaurant. Arrivé ici, ils ont dépassé pour continuer devant puisque je suis loin de la route, en plus ils n’ont pas mis de croix ici. Mais c’est quelqu’un qui les a alertés pour revenir cassé ici. Je ne peux rien, je m’en remets à la volonté de Dieu. »
Imprimeur de profession, Aboubacar Sidiki Sylla déplore pour sa part des pertes financières considérables et interpelle l’État. « J’ai investi des millions pour aménager ici. Je collabore avec le cadastre, j’ai même les documents, chaque année ils me soutirent de l’argent. S’ils m’avaient informé pour me dire que c’est la route, ce que j’allais dépenser pour libérer les lieux et ce que j’ai perdu aujourd’hui, c’est pas la même chose. Il y a des machines qui sont tombées par terre, je ne sais pas si elles sont gâtées ou pas. J’ai acheté une machine à 53 millions de francs guinéens. Ce que je peux dire à l’État, c’est de nous venir en aide. »
À l’inverse, certains commerçants disent comprendre, voire soutenir l’initiative des autorités. Mamadi Kaba, vendeur de carreaux, estime que la mesure est nécessaire pour la sécurité collective. « Je suis content du dérangement, puisque le fait de s’asseoir en bordure de route est un grand risque. Puisque des engins roulants peuvent perdre le contrôle à tout moment et vous percuter. C’est tout le monde qui est impacté. Dès le matin, j’ai enlevé tous mes matériels. S’ils nous ont déguerpis, qu’il fasse tout possible de mettre ces endroits en valeur, en plus de nous trouver d’autres places à l’intérieur du marché, puisque c’est les clients qui cherchent la marchandise et non la marchandise qui cherche les clients. Pour qu’il y ait le développement, il faut que certains pleurent puisque ça y va dans l’intérêt de tout le monde. »
Au moment où nous quittions les lieux, l’opération se poursuivait toujours. De nombreuses personnes déguerpies appellent les autorités à les accompagner, notamment par l’attribution de nouveaux espaces de vente, afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et de préserver leurs moyens de subsistance.
L’article Matoto : vaste opération de déguerpissement en cours, réactions contrastées des victimes est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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