Mali: jihadistes et indépendantistes touaregs revendiquent des attaques coordonnées contre plusieurs villes du pays dont Bamako

il y a 2 heures 19
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Le Mali a été le théâtre d’attaques d’une ampleur inédite depuis plusieurs années durant la journée du samedi 25 avril. Revendiquant « un partenariat » et des actions coordonnées, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont pris pour cible Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Kidal et Mopti. En fin de journée, les groupes armés affirmaient avoir pris le contrôle des deux dernières. 

Le Mali a été, samedi 25 avril, le théâtre d’attaques coordonnées d’une ampleur inégalée ces dernières années. Perpétrées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et par le mouvement séparatiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), elles ont simultanément visé Kidal, Gao, Sévaré, Mopti, Bamako et Kati – un lieu stratégique pour les autorités militaires maliennes dans la banlieue de la capitale.

Le Jnim a revendiqué aussi les attaques contre l’aéroport international Modibo-Keïta de Bamako, contre la résidence du chef de la junte Assimi Goïta, qui a été exfiltré de Kati pour un endroit sûr, ainsi que contre celle du ministre de la Défense Sadio Camara. Ce dernier a été visé par une attaque à l’aide d’un camion-kamikaze.

Lancées dès l’aube, les attaques ont duré plusieurs heures. « La journée d’hier a été vraiment terrifiante, nous avons eu peur, confie ainsi un habitant de la capitale joint par la rédaction en fulfulde-mandenkan de RFI. Nous avons été réveillés par des tirs d’armes lourdes puis, après une heure d’échange de tirs, nous nous sommes rendu compte qu’il s’agissait d’une attaque terroriste. Tout a commencé aux environs de 6 heures du matin, jusqu’à l’après-midi. L’armée a été réactive, car elle a pu repousser rapidement les terroristes », poursuit ce dernier.

Si, dans l’après-midi, le calme semblait revenu à Bamako où un couvre-feu de 21 heures à 6 heures a été instauré pendant trois jours au vu des circonstances, la situation est en revanche très différente ailleurs. Alors qu’à Gao et à Sévaré, le Jnim affirme maîtriser les « bastions militaires », le groupe jihadiste déclare aussi avoir pris le contrôle total de Mopti, ce que cet habitant de la ville semble confirmer : « La population est paniquée, il n’y a pas eu de marché, presque toutes les familles sont terrées chez elles et les maisons sont fermées, confie-t-il ainsi avant de poursuivre : La gendarmerie et le commissariat de police ont été pris d’assaut par les assaillants qui contrôlent pratiquement tout. »

Le FLA reconnaît une « coordination d’actions » avec les jihadistes du Jnim

En fin de journée, le Jnim et le FLA – qui assure vouloir continuer ses opérations jusqu’au contrôle de tout le nord du Mali – disaient par ailleurs s’être emparés de Kidal, tandis que le groupe jihadiste revendiquait aussi les attaques contre l’aéroport international Modibo-Keïta de Bamako, contre la résidence du président malien Assimi Goïta et contre celle du ministre de la Défense Sadio Camara.

À Kati, des coups de feu ont été entendus une partie de la nuit. D’après nos informations, les assaillants sont repartis de Gao dans la nuit, où leur objectif était de couper la route à tout renfort vers Kidal au Nord-Est. La prise de cette dernière semble être le principal objectif de la coalition jihadistes-FLA.

Joint par RFI, Attaye Ag Mohamed, un cadre du mouvement touareg, a quant à lui reconnu « un partenariat », « une coordination d’actions » et une convergence d’objectifs avec le Jnim pour obtenir la chute des autorités maliennes de transition.

Africa Corps demande un corridor pour se retirer des zones de conflit

Il a aussi évoqué des prisonniers faits dans les rangs des Forces armées maliennes (Fama) ainsi que des négociations qu’auraient demandées les mercenaires russes de l’Africa Corps en vue d’obtenir un corridor de sortie pour se retirer des zones de conflit.

Dans l’ensemble, ces attaques semblent afficher l’affaiblissement complet de l’armée malienne.

De son côté, le gouvernement malien a qualifié de « terroristes » les attaques du jour et affirmé avoir repris le contrôle de la situation dans un communiqué lu dans la soirée de samedi au journal officiel de l’ORTM par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et porte-parole du gouvernement, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly.

« Des groupes armés terroristes ont mené des attaques complexes et coordonnées visant certaines villes, notamment les villes-garnisons de Kati, de Sévaré, de Gao, de Kidal et de Bamako, a-t-il déclaré. Grâce à la promptitude, au professionnalisme et à la détermination des forces armées et de sécurité maliennes, ces offensives ont été maîtrisées, plusieurs terroristes neutralisés et le destin funeste des groupes armés terroristes a été mis en échec. À l’heure actuelle, la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités concernées ».

L’ouverture « d’une porte de sortie aux acteurs russes annonce peut-être une volonté de faire tomber les autorités »

Si les autorités maliennes se veulent rassurantes, il n’en demeure pas moins qu’un pas supplémentaire dans la détérioration de la situation sécuritaire au Mali a été franchi, analyse pour sa part Jean-Hervé Jézéquel, directeur du Projet Sahel pour International Crisis Group. « Si les attaques observées ces derniers temps étaient symboliquement très marquantes mais ne s’étendaient pas dans la durée, cette fois l’expectative est de mise car le Jnim dit contrôler les villes de Mopti et de Kidal et revendique aussi un contrôle partiel de Gao et de Sévaré », analyse celui-ci. Et de poursuivre : « Il ouvre par ailleurs comme une porte de sortie aux acteurs russes, […] ce qui annonce peut-être une volonté de faire tomber les autorités. Il s’agirait alors d’un tournant majeur dans le conflit qui dure depuis plus d’une décennie au Mali et dans le centre du Sahel ».

Au niveau international, les attaques perpétrées au Mali par le Jnim et le FLA ont évidemment provoqué plusieurs réactions. L’ambassade des États-Unis dans le pays a ainsi appelé ses ressortissants à rester chez eux tandis que le Royaume-Uni déconseille à ses ressortissants de se ​rendre sur place.

L’Union africaine (UA), quant à elle, a dit « condamner fermement » les attaques, estimant qu’elles « risquent d’exposer les populations civiles à des dangers importants ». Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a enfin condamné de son côté « avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées contre la république sœur du Mali », exprimant sa solidarité au gouvernement et au peuple malien.

Libreopinionguinee avec RFI

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