La médecine traditionnelle au cœur du 77e anniversaire de l’alphabet N’Ko : ‘’le N’Ko est venu pour permettre aux Africains d’être libres‘’ (Kotèban Camara)

il y a 2 heures 17
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À l’occasion du 77ᵉ anniversaire de la création de l’alphabet N’Ko, des tradipraticiens guinéens et ouest-africains se sont réunis à Kankan pour lancer une formation dédiée à la médecine traditionnelle, avec en ligne de mire une meilleure organisation du secteur et une complémentarité avec la médecine moderne.
Dans la salle polyvalente de Hoch Min, à Kankan, la célébration du N’Ko a pris cette année une dimension particulière : celle d’un rendez-vous entre savoirs ancestraux et exigences contemporaines de santé.
Soixante-dix-sept ans après la création de l’alphabet N’Ko par feu Solomana Kanté en 1949, ses adeptes ont marqué cet anniversaire par une initiative tournée vers la santé. Ce mardi, la Fédération des tradipraticiens N’Ko de Guinée a lancé une formation de quatre jours à l’intention des thérapeutes. La rencontre a réuni autorités sanitaires locales, praticiens et sympathisants.
Bien que la célébration officielle soit annoncée pour le 30 avril prochain, cette première étape a permis de mettre en avant le rôle du N’Ko dans la promotion de la médecine traditionnelle, présentée comme complémentaire à la médecine conventionnelle.


Pour le docteur Kotèban Camara, tradipraticien N’Ko, l’enjeu est avant tout organisationnel. « Nous sommes à la 16ᵉ formation de la médecine africaine N’Ko. L’objectif est de permettre aux praticiens d’être au même niveau, car chacun traite différemment. Avec plus de complémentarité, nous pouvons mieux soigner », explique-t-il.
La formation s’articule autour de trois axes principaux : la prise en charge de certaines pathologies en médecine traditionnelle, la géomancie considérée comme pratique spirituelle, et l’entrepreneuriat. Parmi les maladies abordées figurent la « génose », les troubles de la vision – de plus en plus fréquents chez les enfants – ainsi que la fissure anale, souvent confondue avec les hémorroïdes.
Au-delà de l’aspect médical, les participants ont également mis en avant la portée culturelle du N’Ko. « Le N’Ko est venu pour permettre aux Africains d’être libres, au même titre que les autres peuples du monde », souligne le docteur Kotèban Camara.
Interrogé sur la polémique entre médecine traditionnelle et médecine moderne, il répond sans ambiguïté : « Tout le monde sait que c’est la première médecine au monde. La médecine conventionnelle est venue bien plus tard. Donc, si un docteur estime que la médecine traditionnelle n’est pas bonne, il se trompe. »
Représentant la Direction préfectorale de la santé de Kankan, le docteur Kourouma Fakoli a salué l’initiative. Il insiste sur la nécessité d’une collaboration entre les différents systèmes de soins. « Nous avons assisté à une véritable union africaine, avec des participants venus de Côte d’Ivoire, du Niger, du Mali et du Sénégal. Si ces acteurs sont bien organisés, cela peut aider la population à retrouver la santé », affirme-t-il.
Il rappelle également une réalité observée dans les structures sanitaires : de nombreux patients, notamment en cas de fractures, se tournent vers la médecine traditionnelle. « C’est une pratique à encourager. Il faut travailler main dans la main pour mieux servir les populations », ajoute-t-il.


De son côté, Salaty Djantou-Moudou Condé, président de la Fédération des tradipraticiens N’Ko de Guinée, évoque l’évolution des pratiques. « Avant, il n’y avait pas de formation. Chacun apprenait de son père ou de son grand-père. Aujourd’hui, nous avons compris que l’échange d’expériences permet de mieux se former », indique-t-il.
Selon lui, ces initiatives contribuent à structurer le secteur, à professionnaliser les praticiens et à améliorer leurs conditions de vie, tout en renforçant la qualité des soins proposés aux patients.
À Kankan, le message porté par les acteurs est sans équivoque : entre héritage et innovation, la médecine traditionnelle entend s’inscrire durablement dans le système de santé, à condition d’une meilleure organisation et d’une collaboration renforcée avec la médecine moderne.

Karifa Doumbouya, correspondant à Kankan

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