Interpellation de mineurs dans la nuit du 31 décembre 2025 : « les services sont en train de travailler…», assure le procureur près le tribunal pour enfants

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Près d’une semaine après l’interpellation de plus d’une dizaine d’enfants à des heures indues et dans des lieux de loisirs qui leur sont inappropriés, le procureur spécial près le tribunal pour enfants a fait le point. Ce mardi 6 janvier 2026, Dr Cé Avis Gamy a confié que la procédure suit son cours normal devant les officiers de police judiciaire, notamment au niveau du casier central.

Dans la nuit du 31 décembre 2025, plusieurs mineurs ont été interpellés à la suite d’une patrouille coordonnée par le parquet spécial, dirigé par ce magistrat. Une situation qu’il considère comme la conséquence d’une démission parentale vis-à-vis des enfants, constat qui l’a amené à prendre ses responsabilités.

« Il faut se dire que, depuis notre prise de service, on s’est dit qu’il faut prendre notre responsabilité en tant que chargé de la mise en œuvre de l’action pénale, donc de la politique gouvernementale en ce qui concerne la justice juvénile.

On s’est dit qu’il faut aller sur la base des constats, prendre des mesures pour pouvoir recaser les enfants, pour leur protection, pour leur sécurité. C’est dans cette optique-là que nous avons fait ce communiqué. Dans le communiqué, nous avons pris des dispositions interdisant aux enfants d’accéder à des lieux qui sont de nature à impacter négativement leur développement social.

Donc, il fallait, alors, la nuit du 31, être sur les lieux pour constater de visu : est-ce que ces mesures sont en train d’être respectées ?

Mais comme vous le savez, le Guinéen est toujours dans le sabotage. Il vous dit : ah, c’est du feu de paille, etc. Mais nous sommes partis, effectivement, sur les lieux. Nous avons constaté qu’il y a des endroits, franchement dit, des boîtes de nuit, où il n’y avait pas de mineurs. Donc, on les a félicités. Par contre, nous avons interpellé des mineurs en cours de route, un peu partout, dans les lieux de loisirs. On les a interpellés par les services spéciaux. Donc, les services sont en train de travailler. Et dès la fin de la procédure, ils vont nous remonter le dossier. Vous savez, en réalité, lorsqu’il s’agit des mineurs, dans ce cas d’espèce, ce sont surtout les parents qui sont visés. Parce que c’est eux qui ont manqué à leur obligation de veiller, d’encadrer les enfants. Donc, c’est eux qu’on cherche beaucoup plus. Alors, c’est ce qui est au niveau du service central. Donc, à la clôture de la procédure, ils vont nous déférer le PV », informe le procureur spécial.

Selon lui, la responsabilité des parents est plus engagée dans cette affaire que celle des enfants interpellés. Raison pour laquelle, d’ailleurs, la loi prévoit des peines privatives de liberté à leur encontre.

« Oui, mais il faut se dire que quand vous lisez les dispositions de l’article 790 et suivants du Code de l’enfant, les parents qui n’obéissent pas à ces règles-là sont passibles de peines d’emprisonnement, voire même d’amendes. Et les amendes sont très, très amères. Imaginez qu’un père de famille, par sa négligence, soit condamné par le tribunal au paiement d’un montant de 5 millions par sa faute. Est-ce que désormais il va recommencer ? Il ne le fera pas.
Il faut toucher le justiciable dans son patrimoine. Quand tu le touches dans son patrimoine, ça fait plus mal, c’est plus que la peine privative de liberté. Donc, nous allons aller vers ces méthodes-là. Et histoire d’amener les parents à prendre leurs responsabilités et pour que les enfants soient beaucoup plus protégés », soutient le magistrat.
S’agissant de l’emprisonnement des enfants reconnus coupables des infractions prévues par la loi en la matière, Dr Cé Avis Gamy relativise :

« Bon, généralement, comme on le dit, nous, nous sommes là pour leur protection. Ils n’ont pas commis une infraction entre griffes comme les autres infractions. Mais comme je l’ai dit, ce sont les parents qui sont beaucoup plus concernés. Parce que c’est eux qui ont manqué à leurs obligations.
Donc, le fait pour un enfant de traîner à des heures tardives la nuit, ça veut dire que le parent a manqué. Ça veut dire que celui qui a une autorité morale sur l’enfant a manqué à son obligation. Parce que quand un père de famille dit à son enfant de ne pas sortir, je crois que cet enfant ne sortira pas. Maintenant, s’il ne le fait pas et que l’enfant sort, on le prend, il est civilement responsable », fait remarquer le procureur spécial.

Par ailleurs, en tant que gardien de la loi, il invite les parents à plus de responsabilité afin de protéger les enfants. Il prévient que tout manquement à cette obligation exposera les contrevenants à la rigueur de la loi.

« Chacun, en ce qui le concerne, doit jouer sa partition pour la protection et le bonheur des enfants… mais la procédure, rien ne peut entraver la procédure. Nous allons suivre. Et dans les jours à venir, ce sont des actions fortes qui seront sur le terrain », promet le procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry.

Il faut préciser qu’aucun des enfants interpellés n’est placé en garde à vue. Ils ont été remis à la disposition de leurs parents, lesquels devront les présenter chaque fois que le service central en charge du dossier en aura besoin, jusqu’à la fin de la procédure.

Lébêré Baldé

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