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En Guinée, les régimes politiques se succèdent, mais certaines méthodes d’action de l’État demeurent inchangées. Depuis plusieurs années, l’exécution de certaines décisions administratives continue de susciter des interrogations, notamment en raison du recours fréquent à des mesures coercitives qui affectent directement des citoyens aux moyens limités.
Sous le CNRD, comme auparavant sous les régimes de Lansana Conté et d’Alpha Condé, des citoyens ont vu des investissements réalisés sur plusieurs années être démantelés en l’espace de quelques heures. Ces situations interviennent le plus souvent dans le cadre d’opérations administratives visant à faire appliquer des décisions de l’État, notamment en matière d’occupation de l’espace public.
C’est dans ce contexte que s’inscrivent les récentes opérations de lutte contre les encombrants à Conakry, lancées par les autorités à quelques jours de la cérémonie d’investiture du président de la transition, Mamadi Doumbouya. Officiellement destinées à fluidifier la circulation et à améliorer l’image de la capitale, ces actions ont conduit au démantèlement de plusieurs installations commerciales implantées sur les artères principales.
Pour mener à bien ces opérations, les autorités ont mobilisé les forces de sécurité, chargées de procéder à des déguerpissements sur plusieurs axes stratégiques. Toutefois, la méthode employée suscite des débats. De nombreux observateurs estiment qu’une approche davantage axée sur la sensibilisation et l’accompagnement des concernés aurait permis de limiter les tensions et les incompréhensions.
Des images largement relayées sur les réseaux sociaux illustrent les conséquences humaines de ces opérations. L’une d’elles, particulièrement marquante, montre un commerçant assis dans sa boutique, assistant, visiblement désemparé, au démantèlement de la toiture de son conteneur. Une scène qui alimente les interrogations sur le niveau d’information préalable dont auraient bénéficié certains occupants.
Si les autorités affirment avoir communiqué en amont sur le lancement de ces opérations, il convient de relever que les annonces officielles sont le plus souvent diffusées par les médias publics, dont l’audience reste limitée auprès d’une partie de la population. À cela s’ajoute la question des délais accordés, jugés par certains insuffisants au regard de l’esprit des textes réglementaires en vigueur.
Cette situation pose plus largement la question de l’équilibre entre l’autorité de l’État et sa mission de protection sociale. Les déguerpissements ont pour effet immédiat de priver certaines familles de leur principale source de revenus, dans un contexte marqué par un chômage élevé. Parmi les personnes touchées figurent également des diplômés confrontés depuis longtemps à la rareté des opportunités d’emploi.
Par ailleurs, des incohérences sont relevées dans l’application de la politique de lutte contre les encombrants. Alors que certaines zones font l’objet d’opérations rigoureuses, d’autres secteurs de la capitale, notamment aux abords de marchés comme Sonfonia, Enta ou Enco 5, restent fortement occupés, provoquant d’importantes perturbations de la circulation.
Ces constats alimentent les analyses de certains observateurs, qui perçoivent ces opérations comme s’inscrivant aussi dans une logique de communication institutionnelle, à l’approche d’événements officiels d’envergure, notamment la cérémonie d’investiture du président de la transition, en présence de délégations étrangères.
L’article Gestion de l’espace public à Conakry : entre application des décisions administratives et impact social est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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