Femmes en socle, jeunesse en moteur : le pari social de Mamadi Doumbouya

il y a 3 heures 14
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Dans les marchés, les exploitations agricoles, les foyers et les quartiers populaires de Guinée, les femmes et les jeunes constituent depuis longtemps l’ossature invisible de l’économie et de la cohésion sociale. C’est cette réalité que le président Mamadi Doumbouya a choisi de placer au cœur de son récit politique. Depuis le 5 septembre 2021, sa trajectoire s’est accompagnée d’un discours et d’actes orientés vers la revalorisation du rôle des femmes et l’encadrement de la jeunesse. Cette ligne de conduite, patiemment construite au fil de la transition, a trouvé une expression solennelle lors de son investiture du 17 janvier 2026, lorsqu’il a dédié son mandat aux femmes et à la jeunesse, présentées comme des forces motrices de l’économie, de la stabilité sociale et de la continuité nationale.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique amorcée dès les premiers mois de gouvernance. Elle repose sur une volonté affichée de repositionner les femmes dans l’appareil d’État, dans l’économie locale et dans la vie communautaire. La promotion de la présence féminine dans l’administration publique, l’accès accru aux postes de responsabilité et l’encouragement à l’auto-organisation économique, notamment à travers les coopératives et les groupements, ont progressivement renforcé la visibilité sociale des femmes, longtemps cantonnées aux marges des circuits décisionnels. Si ces avancées restent inégalement réparties selon les secteurs et les territoires, elles traduisent néanmoins une inflexion politique assumée.

Sur le plan économique, l’appui accordé aux activités génératrices de revenus portées par des femmes — notamment dans l’agriculture, la transformation et le petit commerce — a contribué à consolider les bases d’une autonomie financière plus large. Cette approche reconnaît une réalité profondément guinéenne : celle de mères de famille qui assurent au quotidien la survie des ménages et la stabilité des communautés, souvent dans des conditions de grande précarité. En s’adressant directement à ces femmes dans ses messages publics, le chef de l’État a choisi de reconnaître leur rôle social non plus comme une donnée informelle, mais comme une composante structurante du développement national.

La protection des filles et des femmes occupe également une place croissante dans l’agenda public. Les campagnes de sensibilisation contre les violences, le renforcement progressif des dispositifs d’accompagnement des victimes et la mobilisation des autorités locales témoignent d’une volonté de rompre avec la banalisation de certaines pratiques, longtemps tolérées au nom de traditions mal interprétées. L’éducation des jeunes filles, avec l’objectif de les maintenir plus durablement dans le système scolaire, est présentée comme un levier central de transformation sociale à long terme. Une fille scolarisée devient en effet une actrice économique, une mère mieux informée et une citoyenne plus à même de participer à la vie publique.

La jeunesse, autre pilier du discours présidentiel, s’inscrit dans une logique complémentaire. Le pari assumé consiste à canaliser l’énergie de cette population vers l’entrepreneuriat, la formation professionnelle et l’innovation locale. Les initiatives de soutien aux porteurs de projets, les espaces de dialogue entre investisseurs et jeunes entrepreneurs, ainsi que la valorisation de l’économie productive visent à rompre avec une culture de l’attente pour installer une dynamique de création, d’autonomie et de responsabilité. Là encore, les résultats restent conditionnés à la capacité de ces dispositifs à s’inscrire dans la durée.

Dans ce paysage politique, la relation entre le président et une partie significative des organisations féminines guinéennes revêt une dimension particulière. Leur mobilisation en faveur de sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, leur plaidoyer public pour qu’il accepte de se présenter et leur engagement matériel pour la constitution de sa caution électorale ont contribué à donner à ce scrutin une tonalité singulière. Ce soutien, qui n’épuise pas la diversité des opinions féminines dans le pays, s’est construit sur des gestes concrets posés durant la transition. En retour, la dédicace du mandat aux femmes peut être lue comme un acte de reconnaissance politique et sociale, dans un contexte où la parole donnée conserve une forte valeur symbolique.

L’architecture de cette vision repose ainsi sur une articulation entre reconnaissance sociale, inclusion institutionnelle et autonomisation économique. Elle s’adresse aux femmes comme socle de la stabilité familiale et communautaire, et à la jeunesse comme vecteur de renouvellement productif. L’une garantit la continuité, l’autre porte la transformation. C’est dans cette complémentarité que s’inscrit le projet présidentiel.

En consacrant son mandat aux femmes et à la jeunesse, le président Mamadi Doumbouya inscrit son action dans une lecture pragmatique de la société guinéenne, où une large part de la population repose sur ces deux forces longtemps sous-représentées dans les cercles de décision. La transition a servi de laboratoire politique ; le mandat s’ouvre désormais sur une phase de consolidation. Si les engagements annoncés trouvent leur prolongement dans des politiques cohérentes, inclusives et durables, la Guinée pourrait voir émerger un modèle de développement fondé sur celles et ceux qui, hier encore, étaient perçus comme des acteurs périphériques, mais qui se trouvent aujourd’hui placés au cœur du récit national.

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