Education : le SNEFAG célèbre l’excellence pour briser la stigmatisation de l’enseignement franco-arabe

il y a 3 heures 24
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Longtemps relégué au second plan et marqué par une certaine stigmatisation, l’enseignement franco-arabe peine à se hisser au cœur des priorités des gouvernements successifs en Guinée. Pourtant, ce système bilingue joue un rôle crucial dans le développement national, la cohésion spirituelle et le rayonnement diplomatique du pays vers le monde arabe.

Pour inverser la tendance, le Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée (SNEFAG) a organisé, ce lundi au Chaptal By Issa, la grande finale de son concours national d’excellence.

L’événement, qui a mis en compétition près d’une centaine d’élèves venus de tout le pays, a mobilisé des figures de proue de la communauté religieuse et syndicale. On notait la présence du Secrétaire général aux affaires religieuses, du leader religieux Elhadj Mansour Fadiga, ainsi que des représentants de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG).

Au-delà de la compétition, cette cérémonie a permis au SNEFAG de crever l’abcès sur les maux qui minent le secteur. Le Secrétaire général du syndicat, Dr Ibrahima Mansaré qui est monté au créneau, a dressé un constat sans concession sur les différentes barrières auxquelles sont confrontés les apprenants et enseignants du franco-arabe. D’abord, l’exclusion des élites.

« Nos élèves n’ont pas accès au concours du Prytanée militaire, alors qu’il s’agit d’une école publique financée par le contribuable guinéen, dont font partie les familles du franco-arabe », a-t-il déploré.

Ensuite, le désert pédagogique avec l’absence de programmes dédiés dans les Écoles Normales d’Instituteurs (ENI) et à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG) qui freine la qualification des enseignants.

Aussi, la crise des contractuels : Le syndicat a alerté sur le faible taux de recrutement des enseignants contractuels issus du franco-arabe. Seulement 2 % de retenus selon leurs chiffres, entraînant la fermeture de plusieurs écoles faute de personnel enseignant.

En plus, plusieurs étudiants issus de l’enseignement franco-arabe périssent dans les prisons en Egypte.

« Généralement, ce sont des gens qui ont enseigné ici, qui veulent aller augmenter leur niveau d’études, qui sont incarcérés dans les prisons en Égypte. Et nous avons fait un appel solennel, nous avons écrit au Premier ministre, il nous a promis que les services compétents vont faire de leur mieux », a-t-il signalé.

Enfin la problématique de l’insertion des docteurs : Malgré la présence de plus de 150 titulaires de PhD (doctorat), aucun profil arabophone n’aurait été retenu lors du dernier recrutement à l’enseignement supérieur.

« Nous ne cherchons pas l’affront avec l’État, nous sommes une force de proposition. Nous demandons simplement à être regardés au-delà du cliché religieux : nos écoles forment des citoyens compétents dans les domaines scientifiques et littéraires », a plaidé Dr Mansaré.

Face à la suppression des bourses et au manque d’infrastructures, le SNEFAG a instauré ce concours pour stimuler l’émulation et freiner la migration des élèves vers l’enseignement général.

Le format de la compétition exigeait une polyvalence totale. Pour l’emporter, les candidats devaient briller dans quatre domaines clés : Sciences exactes (Mathématiques et Physique) ; Culture générale ; Langue française ; Sciences islamiques (Coran et Hadiths)

Cette édition a révélé des talents dépassant les attentes du jury, présidé par le Dr Abdourahmane Dramé.

C’est une école située à Bambeto qui a été sacrée meilleure école franco-arabe pour la qualité exceptionnelle de ses candidats. Les quatre finalistes ont reçu des prix (ordinateurs, kits scolaires) récompensant leur profil hybride.

Le SNEFAG espère que cette mise en lumière de l’excellence académique poussera les autorités, notamment le pouvoir en place et le ministère de l’Éducation, à régulariser la situation des enseignants et à intégrer pleinement ce système dans le paysage éducatif national.

Alhassane Fofana

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