Dissolution du PDG-RDA: une blessure infligée à la mémoire nationale ! (Par Khalil Djafounouka Kaba)

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Comment peut-on dissoudre le Parti Démocratique de Guinée – Rassemblement démocratique africain (PDG-RDA), un parti qui a conduit la Guinée vers son indépendance au prix d’une lutte historique contre le colonialisme français ?

Que fait-on de l’héritage de Ahmed Sékou Touré et de ses compagnons de lutte ?

Une telle décision ne relève pas seulement de la vie politique courante. Elle touche au cœur même de la mémoire nationale.

Car le PDG-RDA n’est pas un parti comme les autres. Sous la conduite de Ahmed Sékou Touré, il a incarné la volonté d’un peuple de rompre avec la domination coloniale et d’affirmer sa dignité. C’est sous sa bannière que la Guinée a osé dire « Non » au projet de Communauté française lors du Référendum constitutionnel français de 1958, ouvrant ainsi la voie à l’indépendance le 2 octobre 1958.

Dissoudre un tel parti revient, symboliquement, à fragiliser un pan essentiel de l’histoire politique guinéenne. L’histoire d’une lutte, d’un engagement collectif et d’un moment fondateur où un peuple a choisi la liberté plutôt que la soumission.

Dans plusieurs pays africains, les partis qui ont mené les combats de libération nationale sont considérés comme un patrimoine historique. En Afrique du Sud, l’African National Congress (ANC) reste indissociable de la lutte contre l’apartheid. En Guinée-Bissau et au Cap-Vert, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap‑Vert (PAIGC) demeure le symbole du combat mené par Amílcar Cabral contre le colonialisme portugais. Au Mozambique, le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) incarne la mémoire de la lutte pour l’indépendance.

De la même manière, en Algérie, le Front de libération nationale (FLN) demeure un repère historique majeur de la guerre de libération. En Côte d’Ivoire, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) reste intimement lié à l’héritage politique de Félix Houphouët‑Boigny.

Ces partis ne sont pas seulement des machines électorales. Ils sont des archives vivantes de l’histoire des peuples. Ils portent une mémoire collective, faite de sacrifices, d’espoirs et de combats.

C’est pourquoi le PDG-RDA doit être regardé au-delà des clivages politiques actuels. On peut critiquer son héritage, débattre de son bilan, contester certaines pages de son histoire. Mais le dissoudre revient à porter atteinte à un symbole national.

Les nations mûres ne détruisent pas leur mémoire. Elles la préservent, l’analysent, la transmettent aux générations futures.

Car un peuple qui efface les traces de son combat pour la liberté risque un jour d’oublier le prix de cette liberté.

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