Crise de liquidité : après sa rencontre avec le Président, la CGE-GUI consulte ses membres pour réfléchir sur des pistes de solutions

il y a 1 heur 17
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

La Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI) a tenu, ce samedi 28 mars 2026, une rencontre avec ses membres à son siège situé à Kaloum.

L’objectif était de permettre au bureau exécutif de rendre compte de l’audience accordée en début de semaine par le Président de la République, mais aussi de recueillir des propositions concrètes en vue de faire face à la crise de liquidité que traverse le pays.

Au cours des échanges, les chefs d’entreprises, intervenant tour à tour, ont formulé plusieurs pistes de solutions visant à atténuer les effets de cette crise, notamment à court terme.

À l’issue de la rencontre, Ismaël Keita, vice-président de la structure, s’est félicité de la qualité des discussions et des propositions formulées, qu’il juge porteuses d’espoir pour une sortie progressive de la crise.

« Il s’agissait pour nous de faire le compte rendu de la rencontre que le secteur privé a eu, à la demande du chef de l’État, le mercredi passé. Cette rencontre a suscité un grand engouement au sein du secteur privé, et le patronat ne pouvait rester inactif. Nous sommes donc venus partager le contenu du message que le chef de l’État a adressé au secteur privé : un message rassurant, mais qui doit encore être renforcé par le dialogue entre l’État et le secteur privé », a-t-il expliqué d’entrée.

Poursuivant, ce responsable d’entreprise a indiqué qu’au cours des différentes interventions des membres de la CGE-GUI, « de nouvelles idées ont été formulées afin de renforcer l’accompagnement des orientations données par le chef de l’État ».

« Au-delà des recommandations exposées en séance par le président, les préoccupations et suggestions des membres ont été recueillies », a-t-il précisé.

Parmi les propositions formulées, les membres de la CGE-GUI ont convenu de tenir, lundi prochain, une rencontre élargie à l’ensemble des acteurs du secteur, « notamment les particuliers, considérés comme des facteurs de blocage dans la mobilisation des fonds au niveau des banques ».

« Le contenu de ces discussions sera élaboré directement avec ceux qui constituent les facteurs de blocage, tout en maintenant l’APB comme organe central », a-t-il indiqué.

Parmi les propositions formulées au cours de cette rencontre, celle de l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Maladho Kaba, a particulièrement retenu l’attention de l’assemblée. Évoquant les causes possibles de la crise de liquidité, elle a souligné que la gestion budgétaire ainsi que le déficit de confiance entre les différents acteurs en constituent des facteurs majeurs.

« Je pense que l’activité de Simandou a généré une importante demande de francs guinéens. Le deuxième élément qui peut expliquer cette crise, c’est la question de la gestion budgétaire, c’est-à-dire des dépenses extra-budgétaires. Je le regrette, mais c’est un vrai problème. Vous avez dit qu’il faut qu’on se dise la vérité : pour moi, c’est un véritable problème, parce que qui dit dépenses extra-budgétaires dit aussi dérives. Et je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles l’argent ne va pas dans les banques. Troisième aspect, vous l’avez déjà tous mentionné : la confiance. La confiance est importante et, aujourd’hui, elle a été mise à mal. Celle qu’on a mis des années, voire des décennies, à construire s’est effondrée en un rien de temps. J’aimerais vraiment plaider pour qu’il y ait un dialogue rapproché entre l’APB et les instances de la Banque centrale. Il est important que ces deux parties se rencontrent régulièrement et échangent », a-t-elle indiqué en substance.

Pour sa part, le représentant de l’Association professionnelle des établissements de crédit de Guinée (APB), Sidy Mohamed Chérif, a rassuré que le secteur bancaire « se porte bien ». Selon lui, à l’arrivée au pouvoir du Président Mamadi Doumbouya en 2021, les ressources du secteur bancaire se situaient aux alentours de 20 000 milliards de francs guinéens.

« À date, on est au-delà de 74 000 milliards. Le secteur bancaire étant le poumon de l’économie, le baromètre de l’économie, cela montre vraiment la forte croissance économique de notre pays. Et rassurez-vous que le secteur bancaire est solide, il est résilient et il accompagne le secteur privé. Le secteur bancaire joue pleinement son rôle. Nous sommes en face d’une crise de disponibilité de cash et c’est nous tous qui devons nous donner la main pour trouver cette solution », a-t-il indiqué.

La rencontre prévue lundi réunira les membres de la CGE-GUI, élargis à ceux de la Chambre de commerce, dans le but d’échanger et de formuler des propositions, afin de parler d’une même voix.

MohamedNana BANGOURA

Lire l'article en entier