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Le procès pour vol à main armée impliquant Abdoul Karim Diallo et Alpha Ousmane Barry s’est ouvert ce jeudi 8 janvier 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé au tribunal ad hoc. Une audience très attendue, près de dix ans après les faits, qui relance le débat sur la durée excessive de la détention préventive en Guinée.
Placés sous mandat de dépôt depuis août 2016, les deux hommes étaient poursuivis pour avoir commis un vol à main armée à l’aide d’un pistolet artisanal de calibre 12, au préjudice d’un certain M. Diallo. Entre-temps, Abdoul Karim Diallo est décédé en détention, laissant Alpha Ousmane Barry, vitrier de 33 ans, célibataire et sans enfant, comparaître seul après une décennie passée à la Maison centrale.
Dès l’ouverture de l’audience, la défense a soulevé une exception de procédure, dénonçant le non-renouvellement du mandat de dépôt alors que l’accusé était maintenu en détention préventive depuis plusieurs années.
« Notre client est en détention sans base légale valable. Il s’agit d’une détention arbitraire. Nous sollicitons sa mise en liberté », a plaidé son avocat.
Le parquet s’est opposé à cette demande, demandant son rejet pur et simple. À l’examen du dossier, le tribunal a constaté que le mandat de dépôt datait du 17 août 2016, et que l’accusé avait été renvoyé devant le tribunal le 21 novembre 2016, soit trois mois plus tard. Le président a qualifié de “impressionnant” le délai écoulé entre cette date et la première comparution effective, près de dix ans plus tard.
Malgré cette situation, le tribunal a invité les parties à ouvrir les débats, permettant à l’accusé de s’expliquer.
À la barre, Alpha Ousmane Barry a formellement nié les faits qui lui sont reprochés :
« Je plaide non coupable. Ce jour-là, Abdoul Karim m’avait invité à un anniversaire à Lambagni. À notre retour vers 1 ou 2 heures du matin, nous avons croisé des personnes qui nous ont demandé si nous avions vu passer un groupe. Nous avons répondu non », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces mêmes individus seraient revenus peu après, accompagnés d’un homme armé, affirmant qu’une équipe du CMIS allait les conduire pour des explications.
« Au moment de notre arrestation, nous n’avions rien sur nous. Mais au commissariat, on nous a montré des ciseaux et des cartouches en disant que c’était avec nous », a-t-il poursuivi.
Lors de son interrogatoire, la représentante du ministère public a évoqué Ansoumane Kaba, qui aurait été blessé à la cuisse lors de l’attaque. L’accusé a déclaré ne jamais avoir vu ni entendu parler de cette personne durant toute la procédure.
En l’absence de la partie civile, le tribunal a clos les débats pour réquisitions et plaidoiries. Le parquet, se disant non prêt à requérir, a sollicité un renvoi.
Tenant compte des garanties présentées par la mère de l’accusé et un voisin, le tribunal a décidé d’accorder la liberté provisoire à Alpha Ousmane Barry et a renvoyé l’affaire au 22 janvier 2026 pour les réquisitions et plaidoiries.
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il y a 20 heures
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