Conakry : Mgr François Sylla installé nouvel archevêque lors d’une grande célébration à la Cathédrale Sainte-Marie de Kaloum

il y a 2 heures 16
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L’Archidiocèse de Conakry a procédé, ce samedi 9 mai 2026, à la cérémonie solennelle d’intronisation de son nouvel archevêque métropolitain. Il s’agit de Monseigneur François Sylla, qui succède à Monseigneur Vincent Coulibaly à la tête de l’Église catholique de Guinée.
La cérémonie s’est tenue à la Cathédrale Sainte-Marie de Kaloum, sous la présidence du Cardinal Robert Sarah, en présence d’une forte mobilisation de fidèles, de membres du gouvernement, de hauts cadres de l’administration et de plusieurs responsables religieux venus de divers horizons.
Cette messe de prise de possession canonique du siège épiscopal a été marquée par des prières en faveur des malades, des personnes emprisonnées et des populations vivant dans la pauvreté.
Les conseils spirituels du Cardinal Robert Sarah
Avant l’intronisation, le Cardinal Robert Sarah a livré un message fort à l’endroit du nouvel archevêque.
« Une vie d’ascèse et de prière »
Le Cardinal a insisté sur la dimension spirituelle de la mission épiscopale : « Cher frère Monseigneur François, être prêtre, être évêque, c’est choisir d’être un homme de prière de mortification. Quand j’étais évêque ici, tous les deux mois, je me retirais trois jours pour jeûner, pour prier.
Fais de même, car tu ne pourras pas supporter ce lourd fardeau si tu ne jeûnes pas, si tu ne pries pas, si tu ne fais pas de sacrifice, si tu ne fais pas de pénitence. Être évêque, ce n’est pas se pavaner, ce n’est pas profiter et jouir égoïstement de l’autorité prodigieuse de l’Épiscopat. Au contraire, être évêque, c’est mourir, c’est accepter de souffrir ».
« Servir dans l’humilité et la vérité »
Dans la même veine, le Cardinal Robert Sarah a insisté sur les exigences profondes de la mission épiscopale, en adressant un message personnel au nouvel archevêque :
« Monseigneur François, être évêque c’est boire chaque jour la coupe du Seigneur, c’est souffrir et mourir pour les autres, c’est aimer et s’attacher à la vérité. La première des tâches de Monseigneur François, c’est d’être doux et humble de cœur. Brise tout orgueil en toi. La deuxième tâche, cher Monseigneur François, c’est d’aimer tes Prêtres. Surtout ceux qui te font souffrir. Réconcilie les Prêtres les uns avec les autres. Forme les Prêtres à la prière continuelle et à l’adoration. Qu’il y ait une heure d’adoration chaque semaine dans chaque paroisse. Une Église qui ne prie pas ne survivra pas. Aime et pardonne. Garde le calme. N’aie peur que de Dieu seul et de personne d’autre », a-t-il conseillé avant de procéder à l’intronisation de l’archevêque.
Le message d’engagement du nouvel archevêque François Sylla
Après sa prise de fonction, Monseigneur François Sylla s’est adressé aux fidèles catholiques.
Un appel à l’unité et à la mission pastorale
Dans son premier message adressé aux fidèles après son installation, Monseigneur François Sylla a lancé un appel appuyé à la communion et à la responsabilité collective dans la mission de l’Église.
« Je sais pouvoir compter sur chacun de vous et je forme le vœu que, dans un esprit de communion et de collaboration fraternelle, nous relevions ensemble les défis de la mission qui nous est confiée. Ensemble, nous sommes appelés à œuvrer pour la paix, la fraternité et la cohésion sociale dans notre pays. Dans un contexte où notre pays a besoin de stabilité, de confiance et de dialogue, nous sommes convaincus que les acteurs religieux ont un rôle important à jouer pour promouvoir la paix, l’unité, la fraternité et l’espérance d’un lendemain meilleur dans le respect des institutions », a-t-il lancé.
Une Église appelée à la coresponsabilité et au témoignage
Poursuivant son allocution, Monseigneur François Sylla a insisté sur la dimension collective de la mission ecclésiale et sur l’exigence d’un témoignage cohérent face aux défis contemporains. « Cette célébration nous engage tous à une co-responsabilité missionnaire, avancée ensemble dans une collaboration sincère et fraternelle. Cela exige de dépasser les clivages pour former un seul peuple, uni dans la prière du Christ. À l’ère où les hommes sont confrontés à une crise identitaire et en quête de repères, nous sommes appelés à être sel de la terre et lumière du monde par la cohérence de notre témoignage. Depuis mon ordination épiscopale en 2024, comme successeur des apôtres, je me suis engagé à ne jamais lâcher d’accomplir, malgré mes faiblesses, la triple fonction de tout évêque, enseigner, sanctifier et gouverner le peuple de Dieu, c’est-à-dire le servir ».
Il a également exhorté les fidèles à la prière : « Avec un cœur plein d’attention, avec tous et chacun des fidèles du peuple saint de Dieu, je n’hésiterai pas de descendre jusqu’aux périphéries existentielles au nom de Jésus-Christ Sauveur pour prendre contact avec les hommes et les réalités ecclésiales et sociales de notre archidiocèse. Il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tout lieu, en toute occasion, sans hésitation, sans répulsion et sans peur. Priez pour moi. Priez inlassablement pour moi. Que le Seigneur fasse de moi un pasteur selon son cœur, au service de l’unité de son peuple, de la paix entre les hommes et de la joie de l’annonce de l’évangile ».
Les autorités appellent au renforcement du dialogue interreligieux
Présent au nom du chef de l’État, Elhadj Karamo Diawara, ministre Secrétaire général des Affaires religieuses, a salué la mission du nouvel archevêque. Un acteuracteur clé de la paix selon lui.
« Je sais que le nouvel archevêque ne ménagera aucun effort de faire en sorte que l’ensemble des communautés chrétiennes de la Guinée soient unies. Une franche collaboration entre les communautés chrétiennes et les musulmans de Guinée d’autre part. C’est un homme qui a l’esprit ouvert. C’est un homme social. Et je sais qu’il a un grand rôle à jouer dans la consolidation de la paix entre différentes confessions religieuses. Ce dialogue interreligieux va orienter l’ensemble des fidèles musulmans et chrétiens de Guinée sur comment vivre ensemble. Nous attendons l’accompagnement de vous, les chrétiens, afin que nous exécutions ensemble l’instruction présidentielle qui va dans le sens d’apaiser la Guinée parce que nous savons qu’aucun développement n’est possible sans la paix et les religieux constituent un facteur et une source de la paix en République de Guinée. »
Les attentes des fidèles : construction et unité
Selon le Père Philippe, vicaire général de l’Archdiocèse de Conakry et curé de Saint-Joseph Ouvrier de Kaloum, les attentes sont nombreuses.
« Construire et renforcer l’unité »
« Ce que nous attendons de Monseigneur l’archevêque métropolitain, c’est que chacun des prêtres, chacun des religieux et religieuses, chaque fidèle chrétien, puisse trouver sa place dans son cœur pour l’avancée de l’Évangile. Nous attendons de lui un pasteur mordu à la tâche, un pasteur qui soit tout à tous pour que l’Évangile soit annoncé jusqu’aux extrémités de notre diocèse, mais aussi aux extrémités de notre monde. Le premier défi, c’est l’unité. L’unité du presbytérium, l’unité des chrétiens, l’unité de tous ceux qui œuvrent dans le champ du Seigneur. Le deuxième défi, c’est le défi sur le plan matériel. Ce que nous attendons de lui, qu’il y ait vraiment de nouvelles paroisses, qu’il y ait de nouvelles constructions, de nouvelles infrastructures, pour que chacun puisse avoir le Christ là où il se trouve. »

Une cérémonie fortement suivie
La cérémonie d’intronisation a réuni d’anciens ministres, des responsables politiques ainsi que plusieurs membres du gouvernement, témoignant de l’importance institutionnelle et sociale de cet événement religieux majeur en Guinée.
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