Conakry : les utilisateurs de « Wi-Fi zone » inquiets après la menace de l’ARPT

il y a 2 heures 13
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Alors que les « Wi-Fi zone » connaissent un essor rapide à Conakry et séduisent de nombreux jeunes grâce à des offres accessibles, leur avenir apparaît désormais incertain. L’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) vient de taper du poing sur la table, annonçant d’éventuelles sanctions contre leurs promoteurs. De quoi susciter l’inquiétude des utilisateurs.

Depuis quelques mois, les « Wi-Fi zone » ont commencé à prendre de l’ampleur à Conakry. Ils sont apparus dans de nombreux quartiers de la capitale guinéenne, où ils attirent un grand nombre de jeunes. Ces derniers apprécient non seulement la qualité de la connexion, mais aussi le prix (5 000 GNF pour 24 heures notamment), largement inférieur à ceux pratiqués par les opérateurs officiels. Mais cette dynamique risque aujourd’hui d’être freinée.

Dans un communiqué publié ce lundi 30 mars 2026, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) dit avoir constaté « avec préoccupation, la prolifération de l’installation de ‘’Wi-Fi zone’’ et la revente de services internet sans autorisation préalable » sur l’ensemble du territoire de la République de Guinée.

« L’ARPT rappelle que la fourniture de services internet est exclusivement réservée aux opérateurs mobiles et aux Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) et, par conséquent, interpelle toute personne physique ou morale exerçant illégalement l’activité de ‘’Wi-Fi zone’’ à cesser immédiatement et sans délai », a lancé l’institution, qui dit se réserver « le droit d’appliquer des sanctions pour tout manquement ou irrégularité constaté, à compter de la date de publication du présent communiqué, conformément à la réglementation en vigueur ».

Une sortie qui suscite l’inquiétude de nombreux jeunes utilisateurs de ces services. Rencontrés par des journalistes de Guineematin.com ce mardi 31 mars dans le quartier Foulamadina (Conakry), plusieurs d’entre eux ont évoqué les avantages des « Wi-Fi zone » et interpellé le gouvernement sur cette question.

Ibrahima Diallo, citoyen

Ibrahima Diallo, citoyen, indique que le « Wi-Fi zone » est très bénéfique : « Le Wi-Fi arrange beaucoup les gens ici parce que quand vous achetez 1,5 Go à 14 000 francs avec les opérateurs officiels, cela ne vous fera même pas 24 h. Mais avec le Wi-Fi zone, si vous payez 10 000 francs, c’est pour 72 h. Pendant trois jours, vous êtes connecté, vous pouvez regarder des vidéos et faire tout ce que vous voulez, même si le réseau perturbe de temps en temps. C’est ce qui arrange la jeunesse actuellement. S’ils décident d’interdire ça, ils vont fatiguer la population. Donc, je demande au gouvernement de s’entendre avec les fournisseurs pour qu’ils laissent cela continuer.»

Ousmane Kaba, influenceur sur le réseau social TikTok, abonde dans le même sens : « Le Wi-Fi zone nous arrange tellement qu’on ne peut pas le comparer à ce que nous proposent les opérateurs officiels. Quand vous achetez un pass de 5 000 GNF, c’est  pour 24 h ; 10 000 GNF, c’est pour 72 h ; et 100 000 GNF pour un mois. Vous voyez ? C’est ce qui nous arrange dans le quartier. Mais avec les opérateurs, un pass d’une semaine ne vous fera même pas 5 h. Nous sommes déjà habitués au Wi-Fi zone, donc si l’État peut nous aider à ne pas mettre fin à cela, cela nous arrangerait beaucoup. »

Mamadou Alpha Diallo, habitant de Foulamadina, est également un habitué du « Wi-Fi zone ». Pour lui, l’État doit accompagner ce type d’initiative au lieu de l’interdire : « Le Wi-Fi zone de Foulamadina est très avantageux. La qualité du réseau est bonne et le prix est vraiment abordable. Je pense que c’est ce qu’on doit chercher : favoriser la concurrence au lieu de mettre les bâtons dans les roues de ceux qui investissent dans ce domaine. Donc, moi, ce que j’ai à dire, c’est que si l’État peut accompagner ce type de PME dans les quartiers ou partout dans le pays, ce serait très bien. »

Amadou Kanté, un autre consommateur, explique les avantages que lui apporte ce service : « Je préfère de loin le Wi-Fi zone à la connexion des opérateurs téléphoniques. Car avec eux, quand vous achetez votre ticket et vous entrez votre code, vous vous connectez tranquillement sans difficultés. Avant, j’achetais un pass de 15 000 GNF pour pouvoir regarder des vidéos, mais cela ne m’arrangeait pas. Mais depuis que le Wi-Fi zone est arrivé dans le quartier, je me suis tourné vers ce service. Au début, je souscrivais un abonnement de 24 h à 5000 GNF. Mais aujourd’hui, je paie 80 000 GNF pour tout le mois. Et j’en suis vraiment satisfait. C’est pourquoi, je demande à l’État, s’il veut nous aider, de ne pas interdire cela. Car en le faisant, il va pénaliser de nombreux citoyens. »

Yayé Oumou Barry et Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com

The post Conakry : les utilisateurs de « Wi-Fi zone » inquiets après la menace de l’ARPT first appeared on Guineematin.com.

Lire l'article en entier