« Aujourd’hui, je me sens sans espoir » : le cri de détresse d’une vendeuse, victime du déguerpissement en cours à Conakry

il y a 3 heures 21
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Depuis quelques jours, Conakry vit au rythme des opérations de déguerpissement des emprises de la voie publique. Entamés peu avant l’investiture du président Mamadi Doumbouya, les travaux se sont poursuivis ce jeudi 22 janvier 2026 dans plusieurs quartiers de la capitale.

Avec l’appui des engins lourds du Génie militaire, les unités de police sont intervenues pour libérer les abords des routes occupés par toutes sortes d’installations. À Enco 5, notamment au niveau du marché, plusieurs conteneurs et étals ont été démolis. Pendant que les machines entraient en action, certains marchands tentaient dans la précipitation de sauver ce qu’ils pouvaient de leurs biens.

Sur place, l’émotion était palpable. Mariam Fofana, marchande, n’a pas caché son incompréhension.

Mariam Fofana, marchande

« Avant de déguerpir quelqu’un, il faut d’abord lui trouver un endroit où aller. Normalement, les autorités devraient nous accorder un délai », a-t-elle déclaré, visiblement dépassée par la situation.

Fatoumata Sylla, vendeuse de condiment

Même sentiment chez Fatoumata Sylla, vendeuse de condiments : « Je ne connais aucun autre marché en dehors de celui-ci. C’est ici que je suis née et que je me suis mariée. J’ai le cœur brisé ce matin, car nos vies dépendent de cet endroit. C’est ici que nous vendons nos condiments pour trouver notre pain quotidien. Aujourd’hui, je me sens sans espoir. Après l’incendie survenu dans ce marché, nous avons tout fait pour reconstruire afin de poursuivre nos activités. Aujourd’hui, nous ne pouvons compter que sur Dieu ».

De son côté, Ibrahima Sory Barry, lui aussi touché par le déguerpissement, dit ne pas être contre cette opération. Toutefois, il estime qu’il y avait d’abord des préalables à régler avant de lancer les travaux sur le terrain.

Ibrahima Sory Barry, victime de déguerpissement

« Le déguerpissement est bon, parce que c’est pour le développement du pays. Mais si on vend ici, c’est parce qu’on n’a pas d’autre endroit où aller. Nous demandons au président de la République de nous venir au secours », a-t-il lancé.

Du côté des autorités, on explique que l’occupation des emprises routières est un danger réel, aussi bien pour les occupants que pour les usagers de la route. Embouteillages, risques d’accidents graves, désordre dans l’organisation des marchés : autant de raisons avancées pour justifier cette opération, présentée comme nécessaire pour améliorer la circulation et renforcer l’ordre urbain à Conakry.

Mariama Bah pour Guineematin.com

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