Affaire Ibrahima Kourouma : l’État réclame plus de 612 milliards GNF et la confiscation des biens

il y a 3 heures 18
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Le procès en appel de Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, et de Mohamed V. Sankhon, ex-directeur des affaires financières (DAF), est entré ce mardi 20 janvier 2025 dans sa phase décisive devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), marquée par les plaidoiries et les réquisitions.

Pour rappel, Dr Ibrahima Kourouma avait été condamné, le 14 mai 2025, à quatre ans d’emprisonnement pour enrichissement illicite, avec confiscation de la majeure partie de ses biens. Il avait en revanche été relaxé des faits de détournement de deniers publics. C’est contre ce jugement que l’appel a été interjeté.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la partie civile, Me Pépé Antoine Lamah et Me Faya Gabriel Kamano, ont demandé à la Cour d’infirmer la relaxe prononcée en première instance pour le chef de détournement de deniers publics et de retenir Dr Ibrahima Kourouma dans les liens de la prévention. Ils ont également sollicité sa condamnation conformément aux réquisitions du ministère public.

Représentant l’État guinéen, les avocats de la partie civile ont réclamé la restitution des fonds présumés détournés, évalués à 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars américains, ainsi que la confiscation des biens du prévenu. À titre de réparation, ils ont en outre demandé le paiement de 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

Pour sa part, le ministère public, par la voix du procureur spécial Aly Touré, a indiqué avoir interjeté un appel incident, sollicitant la confirmation du jugement de première instance en toutes ses dispositions. « Nous estimons que la loi a été correctement appliquée et que justice a été rendue », a-t-il déclaré.

La défense de Dr Ibrahima Kourouma a, quant à elle, plaidé la relaxe, soutenant qu’aucun élément probant ne permettrait de quantifier l’enrichissement illicite reproché à son client, détenu depuis près de quatre ans. Les avocats ont ainsi demandé l’infirmation partielle de la condamnation pour enrichissement illicite et la confirmation de la relaxe pour détournement de deniers publics. À défaut, ils ont sollicité une peine équivalente au temps déjà passé en détention.

S’agissant de Mohamed V. Sankhon, aucune des parties n’ayant relevé appel de sa relaxe prononcée en première instance, son conseil a demandé à la Cour de confirmer purement et simplement cette décision.

En dernier ressort, Dr Ibrahima Kourouma et son co-prévenu ont déclaré s’en remettre à la sagesse de la Cour.

À l’issue des débats, le juge Francis Kova Zoumanigui a mis l’affaire en délibéré, la décision étant attendue le mardi 10 février 2026.

Lire l'article en entier