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Alors que les commissions techniques prévues dans le cadre du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation — composée du Syndicat national de l’éducation (SNE), de la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) et du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) — devaient être installées dès le mois de février, leur mise en place accuse toujours du retard. Dans un entretien accordé à Guinee360.com, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), revient sur les raisons de ce décalage, évoque les tensions internes qui ont ralenti le processus et fait le point sur les avancées déjà enregistrées dans l’application des engagements pris.
Guinee360.com : La mise en œuvre du protocole d’accord du 3 janvier devait reprendre en février avec l’installation de commissions techniques. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ?
Michel Pépé Balamou : La mise en œuvre des résolutions issues du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 devait normalement reprendre au mois de février, avec comme objectif principal la mise en place de plusieurs commissions techniques. Il s’agit notamment de : la commission technique chargée de la remontée et de la réception des actes administratifs de nomination des cadres du système de l’éducation et de la formation; la commission technique chargée de traiter la situation des 4 500 enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation en pratique de classe ; la commission chargée de la révision du statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation. Ces trois commissions devaient être opérationnelles dès le mois de février. Cependant, plusieurs impondérables ont retardé leur mise en place. Ces difficultés sont notamment liées à la fourniture tardive des listes par certaines structures de l’intersyndicale de l’éducation, mais aussi à des crises de leadership au sein de la coordination des enseignants contractuels, entre l’ancienne coordination et l’actuelle coordination des non-retenus. Ces divergences ont créé un climat de tension et ont ralenti le suivi régulier des résolutions. Néanmoins, des efforts ont été faits pour arrondir les angles et parvenir à un consensus, afin de permettre l’opérationnalisation de ces commissions dans les prochains jours.
Il semble aussi exister des divergences autour de l’enseignement supérieur. De quoi s’agit-il exactement ?
Un autre point de divergence concerne l’enseignement supérieur. Le Syndicat national autonome de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique estime ne pas être lié par le protocole d’accord du 3 janvier 2026, au motif qu’il n’en est pas signataire. Ce syndicat souhaite plutôt l’élaboration d’un statut particulier spécifiquement dédié à l’enseignement supérieur. Pourtant, le travail actuellement engagé porte sur la révision du statut signé le 12 juin 2006, qui couvre les trois sous-secteurs de l’éducation et de la formation. Il s’agit donc d’une révision globale. Dans ce contexte, il est important que les différentes organisations syndicales harmonisent leurs positions afin de gagner du temps. À défaut, des divergences entre syndicats pourraient ouvrir des brèches permettant au gouvernement de retarder le processus de révision du statut.
Le gouvernement a également proposé des missions d’étude à l’étranger. Quel est l’objectif de cette initiative ?
Par ailleurs, le gouvernement a proposé l’organisation de missions d’étude dans deux ou trois pays de la sous-région, où existent des statuts jugés mieux adaptés aux exigences actuelles du monde de l’éducation. L’objectif serait d’en faire une synthèse afin d’alimenter une révision plus pertinente du statut existant. Ces différents éléments expliquent en grande partie les retards observés.
Une réunion du Conseil national du dialogue social devait également se tenir fin février. Pourquoi n’a-t-elle pas eu lieu ?
Le Conseil national du dialogue social (CNDS) avait également convoqué une première réunion de suivi des résolutions du protocole d’accord. Cette rencontre devait initialement se tenir le vendredi 27 février dernier. Toutefois, elle n’a pas eu lieu, notamment parce que les engagements financiers du gouvernement, relatifs à la revalorisation des primes de crédit et de préparation, n’avaient pas encore été concrétisés par un virement effectif. Ces primes, qui doivent entrer en vigueur à la fin du mois de février, nécessitent d’abord une confirmation de leur mise en œuvre avant toute réunion de suivi. Lors de la précédente concertation, il avait été convenu que les trois commissions techniques seraient opérationnelles à partir du mercredi 4 mars 2026. Mais étant donné que la réunion du comité de suivi n’a finalement pas eu lieu vendredi dernier et pourrait être reportée au vendredi suivant, il est probable que cette échéance ne puisse pas être respectée.
Malgré ces retards, les syndicats restent-ils confiants ?
Malgré tout, cette mise en place demeure un impératif catégorique et non négociable, car les conventions légalement formées s’imposent à ceux qui les ont signées. Le protocole d’accord constitue en effet un engagement réciproque entre le gouvernement et les syndicats. Les syndicats affirment avoir fait preuve de patience et estiment qu’il est nécessaire d’apprécier la situation avec réalisme, en tenant compte à la fois des rapports de force et des intérêts des mandants.
Le contexte politique et éducatif actuel peut-il influencer ce processus ?
Le contexte actuel est particulièrement sensible. Plusieurs échéances importantes approchent, notamment les élections communales, sénatoriales, régionales et législatives prévues le 24 mai 2026, ainsi que les examens nationaux prévus entre fin juin et début juillet. Dans ce contexte, il est important que le gouvernement fasse du dialogue social un véritable mode de gestion et de gouvernance des relations de travail, afin de stabiliser le climat social dans les écoles, les établissements scolaires et les institutions de formation en République de Guinée. Selon les responsables syndicaux, il vaut mieux prévenir les conflits de travail plutôt que d’avoir à gérer des crises dans une période aussi sensible. Ils rappellent également que le recours à la grève n’est jamais un choix de cœur pour les enseignants. Mais, selon eux, c’est souvent l’absence de résolution des problèmes pendant les périodes de stabilité qui finit par y conduire.
Y a-t-il tout de même des avancées concrètes issues du protocole ?
Oui, il convient toutefois de reconnaître que certains points du protocole ont déjà été mis en œuvre. Les syndicats saluent à ce titre les efforts du gouvernement pour avoir respecté certains engagements pris dans le cadre du protocole d’accord. Parmi les mesures déjà appliquées figurent notamment :
la revalorisation de la prime de crédit, passée de 125 000 à 300 000 francs guinéens ;
la prime de préparation, passée de 100 000 à 300 000 francs guinéens ;
la titularisation de 3 044 enseignants admis au concours Tablet, effective à la fin de ce mois, avec le bénéfice des différentes primes liées à l’exercice de la profession ;
le reclassement de certains enseignants, notamment ceux ayant passé le concours préparatoire du certificat 2 en 2017 ;
le déblocage des salaires de plus de 180 enseignants qui étaient jusque-là bloqués.
Comment ces premières mesures sont-elles perçues par les enseignants ?
Ces mesures suscitent une réelle satisfaction chez les enseignants, qui appellent régulièrement leurs responsables syndicaux pour les féliciter pour ces premiers acquis. Les syndicats espèrent désormais que cette dynamique se poursuivra et que les autres engagements qui n’ont pas encore été appliqués le seront effectivement d’ici la fin du mois de mars.
L’article Accord gouvernement–intersyndicale de l’éducation : les raisons du retard dans la mise en œuvre est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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