PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

À Kindia, dans la sous-préfecture de Damakania, l’agriculteur Boubacar Barry a vu plusieurs hectares de sa plantation d’ananas ravagés par des incendies à répétition. En l’espace de trois semaines, près de 55 000 pieds d’ananas ont été détruits, réduisant à néant quatre années de travail et d’investissements. Dans cet entretien accordé à Guinée360.com, la victime revient sur les faits, évoque une possible origine criminelle et confie son désarroi.
Guinée360.com : Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé ?
Boubacar Barry : Il ne s’agit malheureusement pas d’un seul incendie. J’ai subi deux sinistres distincts en l’espace de trois semaines. Le premier est survenu en décembre 2025 et a ravagé l’un de mes champs d’ananas situé dans la zone de Samoroya, dans la sous-préfecture d’Amarania, à Kindia. Le second a eu lieu le samedi 3 janvier 2026 et a presque entièrement détruit une autre plantation. Au total, j’exploite deux hectares séparés par un hectare intermédiaire. Les deux parcelles ont été touchées, mais elles ne sont pas contiguës.
Dans quelles circonstances le premier incendie s’est-il déclaré ?
Au moment du premier incendie, je me trouvais à Conakry, mes employés étaient bien sur place. Ils avaient terminé leur journée normalement, aux environs de 16h–17h. Aucun feu n’était visible lorsqu’ils ont quitté la plantation. Le lendemain, à leur retour, ils ont constaté que le champ était déjà en train de brûler. Il était alors impossible d’identifier l’auteur ou le moment précis du déclenchement. Toutefois, tout porte à croire que le feu a été allumé après leur départ.
Pourquoi pensez-vous qu’il s’agit d’un incendie criminel ?
Après le sinistre, nous avons procédé à un constat avec des riverains et des proches vivant dans la zone. Il est rapidement apparu que le feu avait pris naissance à l’intérieur même de la plantation. Le plus troublant, c’est que les champs voisins n’ont pas été touchés. Seule ma plantation a été ravagée. Cela nous amène à penser qu’il ne s’agit pas d’un feu accidentel. J’ai d’ailleurs quitté Conakry pour venir constater les dégâts moi-même à Kindia.
Aviez-vous pris des mesures de prévention contre les incendies ?
Oui, comme chaque année. Depuis quatre ans, je fais face à ce type de menaces. Nous procédons régulièrement au nettoyage manuel, au désherbage, à la mise en place de pare-feu et à une surveillance quotidienne des parcelles. Malgré toutes ces précautions, nous n’avons pas pu éviter ces incendies.
Comment s’est produit le second incendie?
Cette fois-ci, j’étais à Kindia. Aux alentours de 16h–17h, la femme du gardien m’a appelé en urgence. Son mari n’était pas présent à ce moment-là. Elle travaillait dans un bas-fond situé à proximité de la plantation lorsqu’elle a aperçu les flammes et la fumée. Elle a immédiatement alerté les riverains, qui sont venus tenter d’éteindre le feu. Malheureusement, le sinistre s’est propagé très rapidement. Avant même que nous arrivions sur les lieux, près de 90 % de la plantation avaient déjà été détruits.
Des témoins ont-ils aperçu les auteurs présumés ?
La dame m’a expliqué qu’elle n’a pas pu identifier formellement qui que ce soit. Toutefois, elle et les personnes venues l’aider ont entendu des voix au moment du déclenchement du feu. Faute d’éléments précis et face à l’urgence, ils ont préféré tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être plutôt que de poursuivre des suspects non identifiés.
Avez-vous retrouvé des éléments matériels sur place ?
Oui. Lors du constat, nous avons retrouvé une machette à l’endroit précis où le feu semble avoir pris naissance. Elle ne m’appartient pas, n’appartient à aucun de mes travailleurs et personne ne l’a réclamée à ce jour. Je la conserve encore dans mon véhicule. Nous pensons qu’elle pourrait appartenir aux auteurs présumés, tombée lors de leur fuite.
Quelle est l’ampleur des pertes subies ?
Le second incendie a détruit environ 20 000 pieds d’ananas, portant le total à près de 55 000 pieds perdus. En termes financiers, je préfère rester discret. Ce que je peux dire, c’est que ce sont quatre années d’efforts et d’investissements qui ont été réduits à néant. Rien que pour les rejets, 10 000 m’ont coûté environ 6 millions de francs guinéens. Au total, on dépasse largement les 30 millions de francs, sans compter le dessouchage et l’aménagement du terrain, réalisés manuellement.
Envisagez-vous de porter plainte ?
L’idée m’a traversé l’esprit. J’aimerais identifier les responsables. Mais pour des raisons de sécurité, je préfère m’abstenir. Je crains d’éventuelles représailles communautaires qui pourraient mettre en danger ma vie, celle de mes travailleurs et ce qu’il reste de mes installations. Je m’en remets donc à la justice divine. En revanche, j’ai tenu à m’exprimer publiquement afin d’alerter et de prévenir d’autres agriculteurs face à ce fléau.
L’article « 55 000 pieds d’ananas partis en fumée » : le cri de détresse de Boubacar Barry face à des incendies suspects est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
.png)
il y a 1 jour
54




















English (US) ·